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'^iones(i). Strabon les place également sur le Rhin, et signale aussi
leur origine germanique (2), A ces premiers éléments de topogra-
phie, César ajoute quelque chose ; il semble même déterminer com-
plètement l'habitation de ces peuples, lorsqu'il nomme les Tribocci
après les Mediomatrici, et avant les Treviri (3), ordre observé en-
core parStrabon(4).
En effet, toutes ces données conviennent exclusivement aux ha-
bitants de la contrée qui prit plus tard le nom d'Alsace, dont l'origine
germanique est assez attestée, d'ailleurs, par l'idiome qu'ils parlent
généralement. Une autre donnée confirme celle-ci, et ne laisse subsis-
ter aucun doute sur cette identité. C'est la position à peu de distance
à 'Argentoratum (Strasbourg), assignée par Ammien Marcellin (5),
par l'itinéraire qui porte le nom d'Antonin (6), par la table Théo-
dosienne, à deux villes que Ptolémée donne aux Tribocci, Breuco-
magus et Helcebus (7). Le résultat de ces rapprochements est de
toute évidence ; aussi le voyons-nous admis par Cellarius (8), par
d'Anville (9), et, en général, par les plus savants et les plus judi-
cieux des modernes qui se sont occupés de géographie comparée.
J'aurais moins insisté sur un fait ainsi reconnu, si je n'avais eu Ã
cœur do relever dansSpon une erreur à ce sujet, laquelle peut éton-
ner de sa part. Sans autre fondement qu'une prétendue analogie nomi-
nale, il a voulu trouver dans le CIVIS TRIBOCIdo notre inscription
un citoyen de la petite ville qui porte aujourd'hui le nom de Tré-
voux (10) ; et il ne semble pas avoir compris que son amour mal en-
(l)A 7 a(. hist.. IV, 17.
(2) Rer. geogr., IV, 134.
(3) Bell. Gall., IV, 10.
(4) Loc. laud.
(5) Rer. gest., XVI, 2.
(6) Vet. Roman, itiner., ed "Wesseling, pp. 330, 384, 255, 374.
(7) Ces noms sont, du reste, fort altérés dans quelques-unes des sources
que je cite.
(8) Notil. orb. anliq., tom. I, p. 241.
(9) Notice de l'ancienne Gaule,
(10) loc. laud.