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Le décret du 22 brumaire an II (12 novembre 1793) avait
créé le déparlement de la Loire démembré de celui de Rhône-
et-Loire. Feurs, par sa position centrale, fut choisi pour re-
cevoir l'administration du département et le tribunal révo-
lutionnaire.
Les arrêtés des différentes administrations se signalèrent
alors par la bizarrerie et l'exagération de leurs arrêtés. En
voici un exemple, en date du 8 nivôse an II ( 28 décembre),
que nous offre le district de Saint Etienne : « Considérant que
le luxe des jardins où l'art étouffe la nature, proscrit les pro-
ductions utiles et précieuses, pour eouvrir de fleurs stériles
une terre qui prodigue à regret ses sucs nourriciers pour
des plantes qui ne sont destinées qu'à caresser voluptueu-
sement, par la douce odeur qu'elles exhalent, les sens blasés
du riche ;
« Que le républicain ne doit avoir d'autres jardins que ceux
de la nature ;
« Il est enjoint à tous ceux qui sont propriétaires de par-
terres, de jardins, elc v d'y semer du blé de maïs. »
récompenses, à l'opinion. Le bissexte fut appelé Jour de la Révolution.
Chaque mois comprenait trois décades, dont chaque jour prenait le nom de
?on rang d'ordre. Le décadi était le jour du repos.
Cette institution a été réprouvée à cause de l'époque où elle fut formée
cl deshommes qui y avaient contribué, mais elle était au nombre des bonnes
institutions que nous devions à la révolution et méritait de la part du légis-
lateur un plus mûr examen. Napoléon, par son décret du 22 fructidor an
XIII, l'a sacrifiée à quelques exigences. Il est cependant à désirer qu'un
gouvernement plus éclairé sur cette matière, tout eu respectant les idées
religieuses, comprenne qu'il est temps de réformer le calendrier, pour faire
disparaître l'inégalité bizarre des mois, faire correspondre l'année usuelle
avec le cours du soleil, et, enfin, mettre en rapport le temps avec le sys-
tème décimal. C'est à un homme comme M. Àrago, aussi bien placé par le
rang qu'il occupe à la Chambre que par celui qu'il a acquis dans la science
sans s'arrêter aux motifs exprimés par le célèbre Laplace, qu'il appartient
de poursuivre le travail du savant Romme et de provoquer cette amélio-
ration utile.