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des hommes, et sa beauté pour la décoration de leurs villes
et de leurs campagnes. Ils attribuaient la plupart des maladies
qui affligeaient leurs armées aux diverses qualités des eaux des
pays où elles faisaient la guerre (1). Polybe dit que pour
neutraliser leurs mauvaises impressions, l'on avait coutume
de distribuer aux soldats, du vinaigre qu'ils portaient toujours
avec eux dans de petits flacons et qu'il leur était expressé-
ment défendu de boire d'aucune eau, sans en avoir versé
auparavant quelques gouttes dans le vase où ils buvaient.
Le même auteur ajoute que cette précaution exemptait
les armées romaines de la plupart des maladies que l'on
voyait régner dans les troupes ennemies, qui n'avaient pas
la même attention.
Hippocrate, Pline, Gallien, Yitruve, Frontin nous ont
laissé d'excellents traités sur un sujet important pour la
santé publique.
Suivant ces auteurs, l'eau pour être bonne, doit être sans
goût ou saveur et sans odeur; la plus légère de celles qui
ont ces qualités est la meilleure, parce qu'elle tient en dis-
solution un moins grand nombre de sels minéraux et de matières
organiques. Ils mettaient en première ligne l'eau de source
qui, dans quelques circonstances, ne mérite cependant pas
toujours le premier rang, alors que, au travers des terres et
des roches où elle s'infiltre, elle s'est chargée d'une trop
grande quantité de sels. L'eau de pluie reçue et filtrée dans
les citernes, tenait le second rang ; et ils plaçaient en troi-
sième ordre l'eau de puits. Mais ils s'accordent tous à convenir
qu'il y a des rivières qui mériteraient la préférence sur les
fontaines mêmes, s'il était possible de séparer de leurs eaux
toutes les impuretés qui s'y mêlent, et qu'elles charient
avec elles dans leur cours. Ils donnent pour exemple le
(1) DEUMARRE. Traité de la police des Anciens.