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publique, par l'audace avec laquelle, en 182g, elle a entre
pris la navigation par bateaux à vapeur sur un fleuve
dangereux. Elle a bien mérité encore pour les perfec-
tionnements qu'elle a apportés à ses bateaux et à sa mar-
 che. M. le préfet de Brosse, à cette époque, était fier de
 rnandei*, à Paris, que le Rhône venait d'être remonté en
 i 4 jours; aujourd'hui cette remonte a lieu en 45 heures.
    D'autres Compagnies sont entrées en ligne de con-
currence ; le hallage et le roulage se fondent dans les nou-
veaux véhicules ; l'activité du transport et la baisse des
prix commencent à donner à Lyon une importance [nou-
velle d'entrepôt et de transit.
    Cette création industrielle, qui a tant d'avenir, risque
cependant d'être entravée par les obstacles dont la nature
ou l'art ont semé le cours du Rhône, et surtout, au dire du
mémoire, par les prétentions fiscales du gouvernement.
    On a dit avec raison que la meilleure protection dont
l'Etat pouvait favoriser une industrie nouvelle, était de ne
pas s'en occuper. Mais l'Etat a d'autres habitudes, il veut une
 part de tout bénéfice, et rarement se prête-t-il à supporter
des charges. Ainsi, pour les bateaux à vapeur, le gouver-
 nement ne s'est pas borné à prélever un droit de naviga-
 tion, mais il a réclamé en outre l'impôt des diligences,
 comme si les bateaux détérioraient les grandes routes. Il
 avait déjà prélevé des sommes énormes, 200,000 fr. sur
 l'entrée des machines en France. Comment résister à de
 pareilles protections ! la Compagnie générale a pourtant,
 à ces titres divers, versé 600,000 fr. dans les caisses du
 trésor.
     Si du moins, à ce prix, l'Etat se chargeait d'améliorer
 cette voie de transport, que la nature a si libéralement
  ouverte à tous, on se résignerait à de pareils sacrifices. Il