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nité de son visage toute la beauté de son génie, et on fait au-
tour de lui des rassemblements auxquels il se dérobe. Toute
son ardeur s'est réfugiée dans les sentiments les plus élevés
de son ame; delà elle se répand désormais sans danger, sans
défiance, sans réserve, dans le vaste sein de cette nature où
elle s'est, sans doute, retrempée; elle ne redoute plus l'en-
thousiasme, parce qu'elle lui a marqué pour but la vérité
et la vertu.
Félix qui potuit rerum cognoscere causas !
Fortunatus et ille, deos qui novit agrestes (1) !
Les Œuvres et les Jours d'Hésiode, qui ont servi de modèle
aux Géorgiques, seraient un exemple bien choisi pour montrer
toute la différence qu'il y a entre la manière dont les hom-
mes comprennent la nature aux époques primitives, et celle
dont ils la sentent aux époques suprêmes. Que fait Hésiode ?
11 enregistre les découvertes de l'agriculture, cet art initial
du genre humain, il fixe dans la mémoire des Grecs le sou-
venir des premières gloires de cet art, comme Homère y grave
celui des héros qui, les premiers, ont élevé le courage et la re-
nommée des Hellènes; il y môle ces mythes moraux, dans les-
quels il renferme ordinairement, de sa propre autorité, les
enseignements dont tout homme a besoin pour se conduire
au milieu d'une société où ni l'intelligence de chacun, ni
l'autorité de tous ne sont encore bien puissantes. Dans tout
cela ce n'est point la nature, c'est l'homme qui joue le rôle
victorieux. Cpmme le vieillard d'Ascrée, Virgile enseigne
bien à dompter la nature ; mais c'est l'homme même qu'il
veut dompter par elle :
O fortunatos nimium, sua si bona norint,
Agricolas (2) !
(1) Georg., lib. II.
(2) Georg. lib. I.
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