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soo latin, l'archéographie a retrouvé toute la pompe du palais de l'empereur, immenses étages de constructions lourdement, assemblées, galeries sur galeries, temples sur bibliothèques, théâtres sur prétoires, vaste amoncellement dont le plus grand mérite était, sans doute, de rappeler cette masse de l'Empire, composée de vingt royaumes réunis, de cent pro- vinces entassées, de mille nations, de mille lois confondues dans une même domination. Ce bon Mœcenas qui protégea Virgile, et qui reçut de lui Horace à protéger, est accusé par Winckelmann d'avoir donné aux arts une direction dé- testable; il ne se plaisait qu'aux colonnes contournées et bi- zarres, aux ornements fantasques, aux peintures maniérées. L'afféterie de son esprit, l'emphase habituelle de son langage prêtaient à rire à Auguste. Marc-Antoine avait ployé la lan- gue latine aux tournures ampoulées de l'Asie; Octave vainquit l'amant de Cléopatre, et se moqua aussi de lui quasi ea scribentem quce mirentur potius hommes quam intel- ligant (Suet. lib. 2, pag. 286., varior.); mais il avait sacrifié au génie de l'Egypte et il avait lui-môme fait graver un sphinx sur le premier sceau dont il se servit. L'Orient rem- plissait alors Rome de ses dieux, de ses formes, de ses mœurs, de tout l'appareil de sa civilisation et de sa mol- lesse. Octave n'eut pas la magnanimité de César parce qu'il n'en avait pas le courage. Le vainqueur des Gaules portait un grand cœur dans un grand corps animé par un tempérament bouillant. Le petit-fils de sa sœur Julie était d'une stature médiocre, d'une humeur disposée à la sérénité, d'un esprit qui donnait plus à la prudence qu'à l'audace ; il proportionna toujours sa cruauté à sa peur; tant qu'il craignit des rivaux ou seulement des obstacles, il ne se fit aucun scrupule de verser le sang à flots; ses proscriptions, plus odieuses que celles de Marius et de Scylla, furent sans respect pour les liens de la