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gisent encore inconnus, enfouis dans les constructions anciennes do
notre ville.
Sur l'un de ces cippes, on lit l'inscription suivante, un peu muti-
lée à la fin de chaque ligne :
D M
E T . M E M O R I A E. E T E R
P E R P E T V A E . S E C V R I T A
V E N A N T I A . D O N I S
E V G A M I V S . C O I V X
P O N E N D V M. C• V R
V I T . E T . S V B. A S C I A. D E D.
Les caractères de cette épitaphe semblent devoir la placer à une
assez bonne époque, et ils rendent plus remarquables quelques fautes
qu'on peut y observer , comme la construction insolite du nomina-
tif pour le génitif dans le nom de la femme à qui ce monument fut
consacré, et l'omission de la lettre N dans le mot COIVX. On doit
y remarquer la formule PERPETVAE SECVRITAii, rare dans les
inscriptions sépulcrales : je ne saurais, pour le moment, en indi-
quer d'autres exemples qu'une inscription que l'on trouve rapportée
par G ruter (1), et par M. Orelli (2), et une de notre musée lapidaire (3).
Je n'ai pas rencontré dans les recueils épigraphiques le nom de
VENANTIA, ni celui de VENANTIVS ; et je ne puis rappeler ici que
Venantius Fortunatus, évoque de Poitiers , au VI e siècle, dont
nous possédons des poésies religieuses. DONIS est le commencement
d'un autre nom, qui peut appartenir ou à Venantia, ou à son mari,
nommé après elle , comme lui ayant élevé ce monument funèbre:
il est difficile à suppléer, à moins qu'on ne compte pour un I le
jambage du D, ce qui pourrait faire supposer la leçon peu correcte,
DIONISia, ou DIONISMM. J'aurai tout dit sur ce monument lapi-
daire, quand j'aurai fait remarquer enfin le nom grec d'EVGAMIVS,
qui convient on ne peut mieux à un heureux époux, puisqu'il si-
gnifie littéralement «bien marié. »
Quoique fort inférieure, quant au style matériel, l'inscription tra-
(1) Inscript, antiq. p. DCLXXI. 12.
(2) Inscript, lat. sélect, tom. II, p. 293, n° 448.
(3) Sous le t " W ,