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  qu'ils peuvent pour être fortement colorés ; efforts infructueux !
     Il est des œuvres qui, bien que faibles et incomplètes, attirent
  plutôt l'attention que d'autres bien préférables, sous le rapport de
 l'exécution ; la Vue de la voieflatninienue,de M. Frenet, que je ne
 connais pas, est de ce nombre. La donnée en est bizarre ; une grande
 route uniforme et nue se déroule ; deux religieux cheminent dans
 l'ombre et sans doute dans le recueillement ; à une grande distance
 apparaît Rome, la ville sainte, avec son dôme de Saint-Pierre; on
 reprochera sans doute l'étrangeté et l'uniformité de l'aspect ; peut-
 être aussi la crudité de ce ciel embrasé par les feux du couchant. Pour
 moi, j'ai été impressionné, j'ai trouvé dans cette page quelque chose
 de solennel et de grave.
    Vous savez combien Duclaux est un dessinateur correct ; les plus
 petits détails anatomiques sont scrupuleusement observés par lui ; il
 s'en suit que je ne connais rien ressemblant davantage à un taureau ou
 à un cheval véritable, qu'un taureau ou un cheval peint par Duclaux.
 Ainsi, dans le Paysage avec animaux, voyez ce taureau qui se frotte
 contre un arbre; tous ses muscles ne se meuvent-ils pas? Peut-on
 voir quelque chose de plus vrai ! Mais Duclaux n'est pas coloriste, il
ne le sera jamais ; sa nature est ingrate et mesquine. On dit que
 parfois il se met à graver ; ses gravures doivent être aussi belles que
celles de Berghem ; no pourrait-il pas nous faire grâce de ses paysages
si secs do couleur, alors je l'admirerais sans restriction.
    Son rival, Dubuisson, est moins exact ou plutôt moins minutieux,
mais il a plus de largeur dans la touche ; il comprend bien le sen-
timent de vitalité qui anime tous les êtres. J'aime infiniment ses
 Chevaux de rivière vigoureux et forts ; l'homme conduisant l'équi-
page a bien l'allure de sa classe. On désirerait que l'exécution en fût
moins lâchée, et que la partie du paysage en fût moins faible. Malgré
ce qu'il y a de grisâtre et d'embrouillé dans le ciel et les terrains, je
les préfère de beaucoup aux ciels violacés et plats, à la verdure
acerbe de M. Duclaux. Je trouve dans ces horizons nuageux et dans ces
grandes perspectives un sentiment triste et vague qui me plaît,
quoiqu'on en puisse dire ; néanmoins cet artiste fera bien de se vouer
à la spécialité, qu'il a si heureusement trouvée.