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370 M. Greppo nous initie d'abord aux secrets des Catacombes, cette Rome souterraine, et nous montre , d'après les écrivains anciens , quelle fut leur destination aux siècles de souffrance pour l'église, alors que les Chrétiens cachaient leurs prières et leurs sacrifices. Saint Jérôme et le poète Prudence nous dé- crivent ces sombres galeries, chargées des tombeaux de ceux qui étaient morts pour la fox, et dont les restes sont au- jourd'hui pieusement recueillis par leurs successeurs dans l'Evangile. Or , c'est de là que viennent les reliques de saint Exupère , sur la vie duquel on n'a pas de documents., et qui toutefois dut être martyrisé dans les premiers siècles du christianisme. Toutes ces questions sont habilement discutées dans l'opuscule de M. l'abbé Greppo. Maintenant, faudra-t-il s'étonner de voir les fidèles de Lyon s'agenouiller devant les restes sacrés d'un martyr ? Mais il y aurait absurdité , car un martyr a droit à notre vénération , et au souvenir que lui décerne le catholicisme. Un m a r t y r , ce fut un disciple de l'Evangile, qui refusa d'adorer les idoles des empereurs païens; de jurer par le génie, c'est-à -dire par le despotisme des Césars ; de sacrifier à des dieux impuissants ; de suivre les erreurs de la foule ; ce fut un défenseur des li- bertés sociales; ce fut un homme courageux et éclairé , qui présenta hardiment la tête, lorsqu'on lui demanda le sacrifice de sa conscience. Et vous ne voulez pas que je m'agenouille auprès de ce qui nous reste de ce noble citoyen ? Mais le pa- ganisme était plus sage que vous; il avait aussi ses martyrs et ses saints ; il avait son petit nombre de justes, et il voulait qu'il leur fût rendu respect et honneur. Yoici d'abord Platon, dans sa République ( t . I , p . 249, trad. de Y. Cousin) : «Pour ceux qui auront succombé, après avoir combattu vaillamment, ne dirons-nous pas d'abord qu'ils sont de la race d'or :' « Assurément.