Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                               249
muscadins. Précy fit aussitôt faire à sa troupe un à gauche
pour éviter l'ennemi. Les muscadins, arrivés au pied de la
montagne de St-Itomain-de-Popey , se débarrassèrent de leurs
sacs et de tous leurs bagages. Pendant qu'ils gravissaient celte
côte rapide , les paysans attirés par l'appâl du gain , en véri-
tables vautours, tiraillaient sur eux et dévalisaient ensuite
leurs cadavres. Beaucoup de ces jeunes gens, harassés de fa-
tigue et de privalions, s'arrêlèrent ; ils furent impitoyablement
massacrés el dépouillés. Soixante à peine gravirent le sommet
de la montagne ; là , ils purent se désaltérer avec les gouttes
d'eau que la rosée avait déposée dans les feuilles de houx.
   Depuis [quelques minutes on se reposait, lorsqu'une es-
couade de hussards de Berchiny , commandes par un officier ,
arriva auprès de la montagne , et se m i l à crier : « Vivent les
Lyonnais. » Ceux-ci répondirent par le cri de « Vivent les hus:
sards! » En entendant ces cris, Précy descend de son cheval, le
remet aux mains d'un nommé Legrand , fils d'un pelletier de
la rue Mercière, et s'abouche avec son aide-de-camp , Récy.
Une discussion assez vive s'engagea entre eux au sujet de la
rencontre des hussards. Précy le quitte en lui disant de faire
ce qu'il croirait convenable ; puis , au milieu de l'agitation , il
disparaît avec un nommé Madinier, ex-cuirassier, le môme
q u i , dans la journée du 29 m a i , après la victoire que les
Lyonnais remportèrent sur les terroristes , monta à cheval les
degrés de l'Hôlel-de-Ville. L'officier, sans doute pour recon-
naître la position et le nombre des ennemis , détacha quatre
ou cinq hommes , qui arrivèrent auprès des muscadins el leur
témoignèrent le désir de ne plus se batlre. Récy s'avança au-
près d'eux, lira son portefeuille, en sorlit des assignats, et
pria les hussards de vouloir bien aller chercher quelques pro-
visions pour ses camarades : ce que les hussards promirent.
Peu de minules après , l'officier de hussards arrive à son tour ,
et demande aux Lyonnais quel est leur chef. Récy se présente
et lui dit : « C'est moi. » L'officier républicain met alors
pied à terre , sans mot dire , saule sur Récy et le prend Ã