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167 connue n'avaient échappés que miraculeusement, à la violence du poison qu'elle renfermait. Il importait de rendre manifestes les intentions véritables des bannis. Elles furent exposées dans une proclamation répandue en Europe et en Amérique. La teneur de cette pièce est importante à connaître; nous sentons l'obligation d'en citer quelques passages : « Réunis, disaient les colons, par une série de calamités semblables à celles qui nous avaient éloignés de nos foyers et dispersés subitement dans diverses contrées, nous avons résolu de chercher un asile où nous puissions être à même de nous rappeler nos in- fortunes, afin d'en tirer une utile leçon. Une vaste contrée se présente devant nous, mais une contrée abandonnée des hommes civilisés ou parcourue par des tribus indiennes qui, se contentant de la chasse, laissent en friche un ter- ritoire aussi fertile qu'étendu. Dans l'adversité qui relève notre courage loin de l'abattre, nous exerçons le premier droit accordé à l'homme par l'auteur de la nature, en nous établissant sur cette terre afin de la fertiliser par nos travaux et d'en tirer les productions qu'elle ne refuse jamais à la persévérance... Nous n'attaquons personne, nous n'avons point d'intentions hostiles. Nous demandons la paix et l'amitié à tous ceux qui nous entourent et nous serons reconnaissants de la bienveillance qu'on nous témoignera. Nous respecterons la religion, les lois, les coutumes des nations civilisées. Nous respecterons l'indépendance, les usages et la manière de vivre des nations indiennes Notre conduite sera paisible, active et laborieuse; nous nous serons utiles autant que nous pourrons et nous rendrons le bien pour le bien ; mais s'il était possible que notre position ne fut pas respectée et que la persécution nous atteignit dans les déserts où nous avons cherché une