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connue n'avaient échappés que miraculeusement, à la
violence du poison qu'elle renfermait.
   Il importait de rendre manifestes les intentions véritables
des bannis. Elles furent exposées dans une proclamation
répandue en Europe et en Amérique. La teneur de cette
pièce est importante à connaître; nous sentons l'obligation
d'en citer quelques passages : « Réunis, disaient les colons,
par une série de calamités semblables à celles qui nous
avaient éloignés de nos foyers et dispersés subitement dans
diverses contrées, nous avons résolu de chercher un asile
où nous puissions être à même de nous rappeler nos in-
fortunes, afin d'en tirer une utile leçon. Une vaste contrée
se présente devant nous, mais une contrée abandonnée
des hommes civilisés ou parcourue par des tribus indiennes
qui, se contentant de la chasse, laissent en friche un ter-
ritoire aussi fertile qu'étendu. Dans l'adversité qui relève
notre courage loin de l'abattre, nous exerçons le premier
droit accordé à l'homme par l'auteur de la nature, en nous
établissant sur cette terre afin de la fertiliser par nos travaux
et d'en tirer les productions qu'elle ne refuse jamais à la
persévérance... Nous n'attaquons personne, nous n'avons
point d'intentions hostiles. Nous demandons la paix et
l'amitié à tous ceux qui nous entourent et nous serons
reconnaissants de la bienveillance qu'on nous témoignera.
Nous respecterons la religion, les lois, les coutumes des
nations civilisées. Nous respecterons l'indépendance, les
usages et la manière de vivre des nations indiennes
Notre conduite sera paisible, active et laborieuse; nous
nous serons utiles autant que nous pourrons et nous
rendrons le bien pour le bien ; mais s'il était possible que
notre position ne fut pas respectée et que la persécution
nous atteignit dans les déserts où nous avons cherché une