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eurent-ils paru sur le seuil de l'hôtel du Consulat, revêtus
de leurs robes couvertes de broderies, ayant une manche
d'ecarlate et portant les armoiries de la ville, qu'un hourra
général s'éleva du milieu du peuple. Le cri de : Vivele roi !
partit de toutes les bouches, et chacun battit des mains. Après
les mandeurs, venaient le capitaine de la ville, portant un
casaquin de velours noir, puis les conseillers, le procureur,
le secrétaire et autres officiers de la maison commune, mar^
chant deux à deux et accompagnés de trompettes à cheval
qui devaient réunir la population par leurs fanfares, et com-
mander le silence quand le capitaine de la ville voudrait
parler.
   Le cortège se rendit d'abord en la rue Grenette, devant
l'hôtellerie de la Teste d'argent.
   Noël! Noël ! cria le capitaine.
   La foule répéta : Noël ! Noël ! et il se fit un grand silence :
            « Bourgeois et habitans de Lyon !
   « Le roi François 1 e r , que Dieu garde^ vient d'envoyer à
votre échevinage un messager pour lui annoncer que ses
deux fils, François Dauphin et Henri d'Orléans, ont quitté
leur prison d'Espagne et qu'ils ont mis le pied sur la t e r r e
d e France. »
   A ces mots, ce fut un concert d'acclamations, de vivats,
de cris de joie qui retentirent d'un bout de la ville à l'autre.
   Les trompettes sonnèrent et le capitaine ajouta ;
            « Bourgeois et habitans de Lyon,
  « Le roi demande que vous vous réjouissiez avec lui de
cet heureux événement.
  « En conséquence, il y aura des fêtes pendant trois jours..
Ainsi le veut Mgr. l'archevêque, ainsi le veut le consulat.
Noël ! Noël !
  El ce fut alors un prodige. La foule qui encombrait la rue,
à rangs tellement serrés, que plusieurs des assistants ne tou-
chaient pas la terre de leurs pieds, se dispersa en un m o m e n t ,