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plaint au pape, et ayant demandé justice, Innocent IV se
contenta d'un arrangement |qui laissait intact l'honneur du

l'Eglise de Lyon avait le droit de son côté de se reconnaître vassale de l'em-
pereur pour le comté de Lyon. Il est vrai cependant de dire que cet acte,
comme tous les traités de celte époque, laissait place à bien des récrimina-
tions. Après avoir publié cette bulle, Clément V intervint entre le roi de
France et l'archevêque Louis de Villars pour les amener à un traité. Après
bien des discussions, il eut enfin lieu (1307); Philippe-le-Bel donna ses
deux édits connus sous le nom de Philippines. Par le premier, il érige en
comté-baronnie toutes les terres que possèdent l'archevêque et lé chapitre,
soit par leur traité avec le comte de Lyon et de Forez, soit par autre voie ;
il abandonne en outre toute prétention temporelle sur ledit comté-baronnie,
et les droits de régale (revenus des sièges vacants dans le royaume) de
l'Eglise d'Aulun et du monastère de Savigny, comme appartenant à l'arche-
vêque de Lyon, parce que l'Eglise d'Autun et le monastère de Savigny dé-
pendent de son diocèse.
    Par le second édit, le roi se réserve le droit d'appel en justice , celui de
suzeraineté, ainsi que la faculté d'établir ses officiers de justice à Lyon. Ce
second édit laissait subsister un grief contre lequel les citoyens de Lyon s'éle-
vaient depuis long-temps et qu'ils devaient à l'archevêque Renaud de Forez.
Celui-ci avait établi deux justices différentes, l'une pour le chapitre, l'autre
pour l'archevêque ; de sorte que les Lyonnais n'en étaient que plus opprimés.
Ils réclamèrent donc contre l'édit de Philippe-le-Bel ; celui-ci consentit à en
suspendre l'exécution. Sur ces entrefaites, l'archevêque Louis de Villars mou-
rut; Pierre de Savoie , doyen du chapitre , fut élu à sa place. Il se trouvait
alors à Paris. On lui propose de reconnaître le traité et de le modifier même
à son avantage, s'il veut prêter serment de fidélité au roi, ainsi que celui-ci
a le droit de l'exiger ; Pierre de Savoie s'y refuse. L'impétueux Nogaret, le
même qui avait été chargé par Philippe-le-Bel d'arrêter Boniface VIII en
Italie, était celui qui faisait ces propositions au nom du roi; ^sur le refus de
Pierre de Savoie, il s'emporta violemment contre lui, et fit dresser procès-
verbal de son refus. L'archevêque se rend promptenient à Lyon; il parvient
par son adresse à entraîner une partie des Lyonnais dans sa querelle, en
leur faisant part des propositions qn'on lui a faites, et en leur persuadant
 que Philippe-le-Bel les aurait volontiers sacrifiés; l'archevêque se prépare
 ensuite à la guerre, comptant sur la coopération du comte de Savoie , son
 parent, du duc de Bourgogne et du sire de Beaujeu, dont il était allié, Les




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