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dans l'avenir; aussi l'empereur s'empressa-t-il de repousser
cette calomnie, et comme l'accusation inconséquente du pon-
tife , en le déclarant ennemi de toutes les religions, n'avait
d'autre but que de le rendre odieux aux princes chrétiens ,
Frédéric fit publiquement une profession de foi catholi-
que.
Cependant Grégoire IX, voyant que sa perte était jurée ,
s'efforça d'entraîner les princes chrétiens dans sa querelle ;
il envoya en France le cardinal évêque de Paleslrine, pour y
publier l'excommunication contre Frédéric, et offrir le trône
d'Allemagne à Robert, comte d'Artois, frère du roi de France.
Louis IX, soit qu'il redoutât la puissance de l'empereur, soit
qu'il fût animé d'un désir de conciliation, refusa ces offres ;
cependant il autorisa les évêques français à assister au con-
cile que Grégoire IX convoquait à Rome dans le même temps
pour déposer Frédéric; les prélats de la chrétienté s'embar-
quèrent à Gênes pour se rendre à Rome ; parmi ceux de
France, on remarquait les archevêques de Rouen, de Bor-
deaux, d'Auch, de Besançon et d'Arles, ainsi que les évêques
de Nîmes et de Carcassonne.
Le pape avait mis dans ses intérêts les Génois, ennemis
de l'empire, et ceux-ci avaient équipé une flotte de soixante
vaisseaux, dont le commandement fut confié à l'amiral Boc-
canegra ; cette flotte, destinée à transporter les prélats Ã
Rome , devait au besoin combattre celle de Frédéric, com-
posée de quarante vaisseaux pisans et siciliens , commandés
par son fils naturel, Hentius , et l'amiral pisan, Buzzacherino
de Sismondi. Les deux armées navales se rencontrèrent près
de Livourne, le 3 mai 1241 ; on en vint aux mains ; la flotte
des Génois fut mise en déroute, après un combat sanglant ;
plusieurs de leurs vaisseaux furent pris ou coulés à fond ; il
y eut aussi beaucoup de prélats tués, noyés ou faits prison-
niers; parmi ces derniers se trouvèrent l'évêque de Pales-
trine et Robert de Romagne, tous deux légats du pape. Hen
tius et Sismondi conduisirent leurs captifs à Pise ; ils furent