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riche ont même langage, la félicité coule de toutes les lèvres.
En un m o t , le vaudeville, devenu M. Scribe et M. Ancelol,
est tellement triste et monotone aujourd'hui, qu'on n'a pas
hésité à le recevoir académicien.
   L'inopportunité du ridicule est telle, qu'on voit la stérilité
de nos vaudevillistes se traîner à la remorque de nos drames
de boulevard, et les copier en gestes, en paroles et en ac-
tions. Obligés d'emprunter leurs sujets aux romans d'hier ou
à ceux d'aujourd'hui , n'osant plus frapper de leur marotte
les abus du pouvoir, que nous donnent-ils ? des historiettes
dialoguées, où l'immoralité tient lieu d'esprit, et où la licence
et le jeu des acteurs font le succès de la pièce. Les mères
mènent cependant leurs filles à ces spectacles; et notre jeu-
nesse sérieuse, qui a plus de scrupule , s'en éloigne avec dé-
goût. L'instant n'est pas loin où tous sentiront qu'il faut
autre chose au peuple que des exemples de corruption et de
débauche, exemples qui ne peuvent que le faire retomber
dans le vice , où l'on n'est que trop enclin à vouloir le re-
 plonger , mais d'où il veut sortir.
   Quel rôle reste-t-il au vaudeville ? celui de frapper ce qui
reste d'abus. Mais ce rôle est encore bien insignifiant, c'est
celui du masque qui rit et pleure tout à la fois, le Mercredi
 des Cendres, en conduisant Mardi-Gras à sa dernière demeure.

                               J.   BORDES DE PARFONDBY.