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plan de nombreuses maisons de campagne , avec tout le
luxe de leurs jardins, de leurs colonnades, de leurs jets-
d'eau, apparaissaient comme des palais de fées; l'air était
iourd de parfum; on se serait cru dans un de ces paysages
chantés par le Tasse ou l'Arioste ; et pourtant, quand
nous quittâmes la maison de M. de Garstetten, où nous
avions trouvé une si cordiale hospitalité, à peine jetâmes-
nous un regard sur toutes les beautés qui nous entouraient.
C'est qu'un sombre pressentiment nous disait que les
amis que nous laissions sur cette terre étrangère , ne vi-
vrait bientôt plus que dans nos souvenirs ! ils nous
accompagnèrent à b o r d , et ne nous quittèrent que lors-
qu'on leva l'ancre;, notre dernier adieu fut un triste ser-
rement de main, muette étreinte qui nous dit tout ce que
nos cœurs gonflés de tristesse ne nous permirent pas d'ar-
ticuler; longtemps nous les vîmes sur le rivage suivre des
yeux le navire qui nous éloignaient d'eux pour toujours....
   Quelques jours après, Poniatowski, qui était venu
faire ses premières armes dans les rangs français où son
 père mourut si glorieusement, fut tué àBélida; M. Alexis
 Huder, qui avait, été avec M. Louis de Bourmont porter
 au bey d'Oràn la nouvelle investiture de son beylik, fut
 lâchement assassiné au moment où il se rembarquait; et
 le général Després mourut peu à près son retour en
 France !...
                                 M"e JANE DUBUISSON.