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pour vos amis et pour de zélés académiciens. Ils vous esti-
ment trop pour soupçonner que vous songiez à vous démen-
tir sur les démarches dont vous vous êtes chargé. La Société
royale touche à un nouveau degré d'illustration. Nous n'avons
essuyé quelques tempêtes que pour voir revenir le calme.
II se présente déjà quatre ou cinq sujets pour la place de
M. Chrislin. Si vous eussiez été présent à l'orage, vous au-
riez vu que la compagnie s'est comportée avec une prudence,
une modération dignes de l'Aréopage. Tout le public de Lyon
loue ses procédés. Je sais que ce témoignage ne sera peut-
être pas d'un grand poids où vous êtes.
Mais, quoi qu'il en soit, je me flatte de n'être pour rien
dans celte contestation ; personne ne désire plus ardemment
la paix que moi. S'il vous vient quelque nouvel expédient
pour tout accommoder, vous m'obligerez de me l'indiquer,
et j'en ferai part en votre nom à la Société royale. Mais,
ce qui serait encore mieux, hâtez-vous de nous répondre.
M. l'abbé de la Croix se porte pour médiateur ; votre présence
l'aideroit beaucoup. Nous espérons de vous voir faire l'ouver-
ture de la séance publique prochaine. Elle sera le 18 avril.
Vous y verrez que, malgré les troubles, le travail n'en est
pas ralenti, et vous y retrouverez les mêmes sentiments dans
vos confrères.
Je suis, etc.
Envoyée le 18 mars 1755 , à M. Soufflot, de l'Académie royale d'architec-
ture , place du Vieux Louvre , chez M. Couslou.
VIII. Copie de la lettre écrite à M. le duc de Villeroy par le se-
crétaire de la Société royale, le 29 mars 1755.
Monseigneur,
Les bontés dont vous avez toujours honoré la Société
royale, et l'intérêt que vous daignez prendre aux progrès de
son établissement, l'encouragent à s'adresser à vous, comme
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