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les chaînes de soie par parties pour fabriquer les étoffes
chinées.
Mais c'est depuis 1793 que l'art de la teinture a fait d'im
inenses progrès à Lyon. MM. Gonin père et fils portèrent
la teinture noire à sa dernière perfection ; ils importèrent
d'Angleterre l'art d'extraire le carmin du saifranum, et de le
porter sur la soie. Us inventèrent le moyen de teindre le
drap et le coton en écarlate par la garance, sans cochenille,
procédé bien plus économique que par celle dernière subs-
tance.
Ce sont eux aussi qui sont parvenus à donner à la soie un
blanc argenté, d'un éclat sans p a r e i l , qu'ils azurent ou qu'ils
nuancent par un rose tendre que peu de teinturiers peuvent
imiter.
En 1815 , le sieur P o n s , teinturier lyonnais, trouva le
moyen d'assouplir la soie sans la c u i r e , et par conséquent
avec peu de d é c h e t , procédé du reste défectueux , en ce qu'il
altère le fil et que les couleurs s'y fixent imparfaitement et
n'ont aucun éclat.
Ce fut en 1810 que M. Raymond, professeur de chimie
appliquée aux arts , dans notre ville , résolut en partie le
problème proposé avec un prix considérable par l'empereur
Napoléon, de remplacer l'indigo dans la teinture du bleu
sur laine , soie et colon. M. Raymond parvint à teindre ces
deux dernières avec le prussiale de polasse en un bleu
éclatant qui porte son nom. Depuis lors son fils a résolu
le reste du problème en appliquant ce même bleu sur la
laine.
MM. Michel frères ont trouvé le moyen de teindre la soie
dans toutes les nuances de noir sans employer la noix de
Galles ni la gomme arabique , avec l'extrait de bois de châ-
taigner et la gomme de mogadorc, bien moins chère que celle
d'Arabie.
Enfin MM. Béarnais frères, fabricants dont nous avons parlé,
ont trouvé avec M. Renard neveu, habile teinturier, le p r o -