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130 de Yauçatison'qu'on y transporta, Jacquard remarqua un mé- tier muni d'un cylindre à serinelle destiné à la fabrication des étoffes façonnées, il conçut l'idée d'en faire un à peu prés semblable et il y ajouta les cartons percés. Il en fit l'essai, et celte machine, quoique imparfaite, lui réussit. La ville de Lyon lui offrit la direction d'un atelier de bienfaisance où il employa sqn mécanisme. Celte invention nouvelle eut beaucoup d'adversaires dans la fabrique, néanmoins un d é - cret de Napoléon, daté de Berlin, du 17 octobre 1800, autorisa l'administration municipale de Lyon à traiter avec Jacquard pour mettre sa mécanique dans le domaine public : ce q u i , en effet, eut lieu. Dès lors elle remplaça la grande tire et tripla l'exécution des étoffes façonnées ; aussi les fabricans ne tar- dèrent pas à apprécier tout le mérile de cette invention nouvelle qui provoqua une grande révolution dans notre fa- b r i q u e , et qui lui donna une extension et une activité prodi- gieuse. Il est fâcheux que l'étranger l'ait connue et se soit empressé de l'importer chez lui. Les machinistes Falcoz , Fetinet, Skola, Tranchet et beau- coup d'autres se sont occupés du perfectionnement de celle machine qui en est encore susceptible. Depuis lors, de n o m - breuses inventions ont été appliquées aux métiers à fabriquer les étoffes , ainsi : Feu M. Dulillieu,l'un de nos plus habiles fabricants, ima- gina le régulateur destiné à rendre les dessins des étoffes plus réguliers. Cetle machine fut exécutée par M. Eslienne méca- nicien fort ingénieux. Bonares, Guigo, Bernex et Lantères l'ont perfeclionnée. En 1818, on apporta en France quelques pièces d'une nou- velle étoffe appelée crêpe de Chine , parce qu'elle avait été fabriquée dans ce pays-là . MM. Beauvais frères, fabricants très intelligents, en eurent bientôt découvert la théorie ; ils en fabriquèrent et surpassèrent le modèle. Avec ces crêpes unis, façonnés, mélangés de coton ou de laine on fit d'élé- gantes robes.