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125 Chine qu'elle obtenait à bas prix, la Prusse attirail nos ou- vriers ; l'Espagne et le Piémont prohibaient la sortie de leurs soies non ouvrées. Le ministère fut sourd à nos doléances. Ou était généralement persuadé en France que notre climat convenait peu aux mûriers. Ce fut seulement de 1760 à 1770 que d'après les expériences de M. T h o m é , on planta de ces ar- bres aux environs de Lyon. En 1750, la communauté des marchands fabricants d'é- toffes de soie de Lyon prit une délibération par laquelle il fut défendu à tous ses membres d'envoyer des échantillons dans l'étranger qui en tirait le plus qu'il pouvait pour imi- ter nos étoffes, qu'il vendait comme provenant de nos fabri- ques, ce qui nous portail un grand préjudice. Cette mesure fut prise d'après une lettre écrite par M. de Trudaine, m i - nistre des affaires étrangères, au prévôt des marchands de L y o n , pour l'informer que le nommé Boucharlat de cette ville, expatrié, et directeur de la manufacture royale d'étoffes à Naples recevait des échantillons de toutes les étoffes nou- velles qu'il imitait aussitôt. Vers ce même t e m p s , M. Genève, né à L y o n , fit un vo- yage en Angleterre, en Hollande et en Italie dont il visita avec soin les fabriques d'étoffes de soie, il rapporta de Flo- rence le procédé pour donner le lustre au satin. Il fut le pre- mier q u i , par une machine fort ingénieuse, réduisit le dessin des taffetas chinés. En 1762, les Jésuites de Lyon quittèrent le r o y a u m e , par suite de l'expulsion de leur o r d r e , et se retirèrent à Suze en Piémont. Ils emmenèrent avec eux une colonie d'ou- vriers en soie de notre ville et établirent une fabrique qui ne réussit pas. En 1768, le P. Peyronnier, religieux minime de L y o n , inventa une machine propre à tirer et à monter la soie par une seule opération. Elle fonctionna dans la maison Pri- vât au Chemin-Neuf. L'inventeur mourut et sa machine fut perdue.