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Chine qu'elle obtenait à bas prix, la Prusse attirail nos ou-
vriers ; l'Espagne et le Piémont prohibaient la sortie de leurs
soies non ouvrées. Le ministère fut sourd à nos doléances.
Ou était généralement persuadé en France que notre climat
convenait peu aux mûriers. Ce fut seulement de 1760 à 1770 que
d'après les expériences de M. T h o m é , on planta de ces ar-
bres aux environs de Lyon.
   En 1750, la communauté des marchands fabricants d'é-
toffes de soie de Lyon prit une délibération par laquelle il
fut défendu à tous ses membres d'envoyer des échantillons
dans l'étranger qui en tirait le plus qu'il pouvait pour imi-
ter nos étoffes, qu'il vendait comme provenant de nos fabri-
ques, ce qui nous portail un grand préjudice. Cette mesure
fut prise d'après une lettre écrite par M. de Trudaine, m i -
nistre des affaires étrangères, au prévôt des marchands de
L y o n , pour l'informer que le nommé Boucharlat de cette
ville, expatrié, et directeur de la manufacture royale d'étoffes
à Naples recevait des échantillons de toutes les étoffes nou-
velles qu'il imitait aussitôt.
   Vers ce même t e m p s , M. Genève, né à L y o n , fit un vo-
yage en Angleterre, en Hollande et en Italie dont il visita
avec soin les fabriques d'étoffes de soie, il rapporta de Flo-
rence le procédé pour donner le lustre au satin. Il fut le pre-
mier q u i , par une machine fort ingénieuse, réduisit le dessin
des taffetas chinés.
   En 1762, les Jésuites de Lyon quittèrent le r o y a u m e ,
par suite de l'expulsion de leur o r d r e , et se retirèrent à
Suze en Piémont. Ils emmenèrent avec eux une colonie d'ou-
vriers en soie de notre ville et établirent une fabrique qui
 ne réussit pas.
   En 1768, le P. Peyronnier, religieux minime de L y o n ,
inventa une machine propre à tirer et à monter la soie par
une seule opération. Elle fonctionna dans la maison Pri-
vât au Chemin-Neuf. L'inventeur mourut et sa machine
fut perdue.