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1 3 3 1 , des étoffes de soie fabriquées à Venise, et un métier à
lisser ; mais ce ne fut qu'à la révocation de l'édit de Nantes
que les ouvriers émigrants français, fondèrent la colonie in-
dustrielle de Spilafields qui a établi une concurrence si r e -
doutable pour nos fabriques de soieries (1).
   Les Italiens bannis ou fugitifs par suite des guerres civiles
entre les Guelfes et les Gibelins, s'étant réfugiés à Lyon
vers la fin du XIII e siècle, y apportèrent la fabrication des
étoffes de soie. Louis X I , dont la politique fut parfois éclairée,
pensa qu'il fallait donner à cette nouvelle industrie toute l'ex-
tension et tous les privilèges capables de la faire fleurir. Il
exempta de* tout impôt les Français et les étrangers qui élè-
veraient des manufactures d'étoffes de soie, et, par une ordon-
nance de 1465, il autorisa le clergé et la noblesse k faire ce
commerce , sans déroger à leurs litres et prérogatives. Il lit
venir d'Avignon des mûriers qu'on planta dans le parc de
son château du Plessis-les-Tours. Il se procura des œufs de
vers à soie , et appela d'Italie des fileurs et des tisseurs.
   Lyon fut la première ville de France où s'établirent des
lissages d'étoffes de soie. II est probable qu'elle en posséda
avant Tours qui n'en eut qu'en 1470 , à en juger par des
lettres patentes données par Louis XI le 24 novembre 1466.
La mort empûcha ce prince de faire mettre à exécution tous
les projets qu'il avait formés relativement à ces fabriques.
Ce fut son fils Charles VIII q u i , au retour de son expédi-
tion de Naples en 1495, amena avec lui une colonie d'ou-
vriers qu'il établit à Tours , où elle fabriqua les premières
étoffes brochées , auxquelles on donna le nom de Gros de-
Tours, à l'imitation des Gros-de-Naples. François-le Calabrois
en fut le premier chef et le directeur.
   François ^ f a v o r i s a aussi les fabriques de soieries à Lyon,
en confirmant les exemptions et privilèges accordés aux ou-
vriers qui viendraient s'y fixer. Ondit qu'il fit venir, en 1536,


  (t) Anderson chrunologleal déduction, t. 2.