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cessions de terrain. Jusque là tout est bien, et je connais une
grande ville de la taille d'Edimbourg qui aurait dû s'en faire
un modèle. La susdite cité vient de perdre son plus précieux
enfant, le créateur de son commerce, le fondateur de ses
nombreuses et immenses fortunes, celui auquel elle doit
tout. Il lui faut donc un monument. On affiche des listes de
souscription, on publie des éloges, on imprime des oraisons
funèbres. En un an la grande ville a réuni...... douze mille
francs s et Jacquard n'a pas de tombeau. Quanta Edimbourg,
car il faut bien y revenir, en six mois il avait consacré à
Walter Scott cent mille livres. Entendez-vous bien, négo-
ciants lyonnais, c'est-à-dire deux millions et demi de francs,
et l'on fut obligé de clore les listes six mois avant le temps
indiqué ! Jusque là encore tout est bien; mais arrive l'em-
ploi des fonds, et ici les systèmes portent leurs fruits. Savez-
vous quel tombeau on va élever au grand poète ? Le comité
municipal d'Edimbourg, chargé de choisir entre les nombreux
architectes concurrents , prendra sans doute quelque chose
de national, de spécial ; il voudra quelque allusion aux œu-
vres du grand génie; on lui dressera sans doute des statues
tirées de ses chefs-d'œuvres, etc. Oui! vous croyez ! Eh bien!
lisez :
   « Le comité auquel on avait confié le soin de choisir le plan
le plus avantageux d'un monument destiné à la mémoire de
sir Walter Scott à Edimbourg s'est décidé pour deux modèles :
le premier est un obélisque égyptien de deux cents pieds de
haut, par M. Playfair; et le second, un travail d'architecture
gothique dans le style simple des premiers temps. Il aura de
quatre-vingt cinq à cent pieds de haut. M. Rickmann en est
l'auteur. »
  Bien des gens sans doute croiront que je plaisante , mais
pas du t o u t ; le fait est r é e l , et les journaux du milieu de
décembre 1835 retentissent tous de celle annonce. Qu'avez-
vous à r é p o n d r e , ô hommes qui doutez de l'outrecuidance
académiqucî' n'en voilà-t-il pas un bien bel exemple? ne trou-