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92 cessions de terrain. Jusque là tout est bien, et je connais une grande ville de la taille d'Edimbourg qui aurait dû s'en faire un modèle. La susdite cité vient de perdre son plus précieux enfant, le créateur de son commerce, le fondateur de ses nombreuses et immenses fortunes, celui auquel elle doit tout. Il lui faut donc un monument. On affiche des listes de souscription, on publie des éloges, on imprime des oraisons funèbres. En un an la grande ville a réuni...... douze mille francs s et Jacquard n'a pas de tombeau. Quanta Edimbourg, car il faut bien y revenir, en six mois il avait consacré à Walter Scott cent mille livres. Entendez-vous bien, négo- ciants lyonnais, c'est-à -dire deux millions et demi de francs, et l'on fut obligé de clore les listes six mois avant le temps indiqué ! Jusque là encore tout est bien; mais arrive l'em- ploi des fonds, et ici les systèmes portent leurs fruits. Savez- vous quel tombeau on va élever au grand poète ? Le comité municipal d'Edimbourg, chargé de choisir entre les nombreux architectes concurrents , prendra sans doute quelque chose de national, de spécial ; il voudra quelque allusion aux œu- vres du grand génie; on lui dressera sans doute des statues tirées de ses chefs-d'œuvres, etc. Oui! vous croyez ! Eh bien! lisez : « Le comité auquel on avait confié le soin de choisir le plan le plus avantageux d'un monument destiné à la mémoire de sir Walter Scott à Edimbourg s'est décidé pour deux modèles : le premier est un obélisque égyptien de deux cents pieds de haut, par M. Playfair; et le second, un travail d'architecture gothique dans le style simple des premiers temps. Il aura de quatre-vingt cinq à cent pieds de haut. M. Rickmann en est l'auteur. » Bien des gens sans doute croiront que je plaisante , mais pas du t o u t ; le fait est r é e l , et les journaux du milieu de décembre 1835 retentissent tous de celle annonce. Qu'avez- vous à r é p o n d r e , ô hommes qui doutez de l'outrecuidance académiqucî' n'en voilà -t-il pas un bien bel exemple? ne trou-