Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                                      386

    « Il importe d'observer que très-peu de jours après l'entrée
 à Lyon des troupes conventionnelles , deux commissions fu-
 rent instituées par les représentants du peuple, afin de juger
 tous ceux q u i , civilement ou militairement, avaient pris part
à l'insurrection du département de Rhône-et-Loire.
    « La première de ces commissions, qui s'intitulait Com-
mission de justice populaire , était présidée par un ci-devant
comédien nommé D orfeuille. Du 15 brumaire au 9 frimaire de
l'an 2 , elle envoya à l'échafaud cent treize individus qui per-
dirent la vie , soit sur la place Bellecour, soit sur la place des
Terreaux, parmi lesquels on remarqua M. Jean-Louis Fain(l),
jeune homme de Paris , qui rédigeait, à cette époque , le jour-
nal de Lyon, M. Charles-Joseph Mathon de la Cour, littéra-
teur distingué , membre de plusieurs académies, M. Jean-
François Faure de Monlalan, ancien magistrat, M. Jean Jos-
serand , capitaine des vétérans de la garde nationale , M. An-
toine Corail de Lachaux , propriétaire à Sl-Cyr au-Mont-d'Or,
M. Jean-Jacques Ampère, juge de paix du canton de la
Halle-aux-blés, père du savant M. Ampère de l'institut ,
enfin MM. Claude Péricaud, Jean-Baptiste David, Louis
Buisson, Christophe Corset, Matthieu Valleton, Paul Noël
Allegret et Nicolas Duplessis (2), tous officiers municipaux
provisoirs après la journée du 29 mai et pendant le siège.

   (1) Il y a grande apparence que le journaliste Fain était de la famille de
M. Fain , imprimeur-libraire à Paris, et de M. le baron Fain , aujourd'hui
secrétaire du cabinet particulier du roi Louis Philippe.
   (2) Depuis plusieurs années il avait succédé à son père dans la place de
teneur de livres de l'hôpital général de la Charité. Dans le courant de l'année
 1794 j un déficit de plus de cent cinquante mille livres fut constaté à sa
charge , et le caissier de ce temps là , seul agent comptable et responsable
des deniers de l'hôpital, fut.... maintenu dans l'emploi qu'il avait si bien
rempli ! Un teneur de livres, qui n'a aucun maniment d'espèces, qui ne fait
que des chiffres , opérer, sans l'aide de personne, un détournement de fonds
de cette importance , voilà ce qui ne se voit heureusement pas souvent. Y
aurait-il un mystère caché là dessous ? Je l'ignore .