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« M. de Précy , dit-il, avait partagé ses combattants en
« deux colonnes, qui devaient partir l'une après l'autre dans
« l'intervalle de trois quarts d'heure. Il se réserva le com-
« mandement de la première, composée de 1200 combat-
« tants, dont 150 de cavalerie, soutenus par six pièces de
« quatre. La seconde colonne, composée de 300 combattants
« au plus , ayant seulement deux pièces de quatre, était
« commandés par M. de Yirieu. »
« J'étais , comme je l'ai déjà dit, le 9 octobre au matin, Ã
la Claire , près de trois quarts d'heure avant le départ de nos
infortunés compatriotes. La cavalerie et l'infanterie étaient
rangées en bataille dans les allées du parc, sous ces grands
arbres , aussi beaux, aussi anciens que ceux des Tuileries , et
plantés comme eux de la main du célèbre Le Nôtre. Ce fut
la cavalerie qui sortit la première , par la porte joiguant l'ha-
bitation du jardinier. L'infanterie, l'artillerie, les bagages ,
la caisse militaire, se mirent aussitôt en route, en suivant le
chemin de St-Cyr, tandis que la cavalerie suivit le bord de
la Saône et se porta sur St-Rambert.
« Avant le départ, qui eut lieu vers les sept heures, le
hennissement des chevaux avait donné l'éveil aux républicains
postés à la Duchère ; un obus, parti de leurs batteries, était
venu tomber sur un de nos caissons et l'avait fait sauter avec
le plus horrible fracas.
« Les troupes qui suivirent le chemin de St-Cyr ne tardè-
rent pas à parvenir à ce village ; elles eurent à essuyer, pen-
dant ce trajet assez court, les coups de fusil partis des avant-
postes républicains, en deçà du petit pont de Rochecardon,
et quelques autres coups de fusil, tirés par les paysans au
travers des haies, tuèrent M. de Yirieu (1) à l'embranchement
Crancé , des Couthon , des Javogues des Châteautieuf-Kandon , des Doppet,
des Vaubois, dont le Moniteur noircissait à celte époque ses interminabtes
colonnes.
(1) Ancien colonel du régiment de Limousin , infanterie , il avait été député