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l'aurai. Et les joyeux tournois des rues StJean et Juiverie, de
la Grenette, et, comme le dit Paradin ( l ) , d e la place des
Grands-Cordeliers, succcédèrcnt aux pieuses solennités. Ce
n'étaient que « fêtes, que béhourdis et merveilleux passe-
temps, » jusqu'à ce qu'enfin la gloire des armes eût fait ou-
blier le plaisir.
Cependant, fidèles à leur pieuse mission et sous les ordres
de Humbert de Villeneuve, Pierre Champier et Claude le
Charron pressent les travaux. Anne de Bretagne les aiguil-
lonne de sa présence. Elle était restée, pendant l'expédition
d'Italie, à Lyon , et demeurait au cloître de St-Just, d'où elle
venait souvent visiter les constructions et surtout le bon
Frère Bourgeois. Les anges aussi s'en mêlèrent, dit en sa
naïve simplicité un de nos vieux écrivains (2) : « Les anges
« qui virent leur nom ioint à celuy de leur princesse, et qui
« avoient probablement mis la main à l'œuvre avec elle,
« ioignant leurs faveurs aux siennes, en louèrent Dieu en sa
« compagnie. »
Deux ans après , c'est-à -dire en 1496, le couvent fut « du
tout parachevé et rendu si parfait que ce fut un des mieux
troussés de la province et doit meritoirement être appelé
de fondation royale ; car l'église est des plus allègres , bien
claire et industrieusement voûtée. »
Reportons-nous à cette époque. L'église , tournée au sud,
est du genre gothique le plus pur, mais simple comme la
plupart des églises des Frères Mineurs. Elle n'est point com-
plète : une seule nef latérale existe au levant.
Mais nous ne croyons pas devoir , comme cet estimable écrivain , d'ailleurs
si exact, fixer à 1491 le tournois dans lequel se distingua son héros. Le Loyal
Serviteur ne le place qu'Ã la suite de la fondation de l'Observance , aussi
bien que nos historiens modernes, comme Colonia , St-Aubin , D. Thomas
(Almanach de Lyon, 1745); et quelques-uns, comme Paradin , semblent
même le repousser jusqu'en 1495 , au retour de Naples.
(1) Liv. 5 , p. 276.
(2) Hist. de Lyon , par St-Aubin, p. 558.
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