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CONCLUSION. Nous espérons avoir prouvé par les développements historiques qui précèdent: 1° Que la cité de Lyon ( Lugdtmum ) , et le Lyonnais ( provincia Liujdunetkis ) , dans sa plus grande étendue, n'ont point cessé de faire partie intégrante des di- vers royaumes de Bourgogne ou de Provence, qui se sont succédé depuis le règne de Louis-Ie-Débonnaire , et que même , quoique momentanément réunis sous le sceptre de Karl-le-Cliauve et de Louis-le-Bégue , le premier de ces rois , avant de s'emparer des Etats de son neveu , crut devoir se faire couronner roi de Lotharin- gie , dont le royaume de Provence n'était qu'une province démembrée ; 2° Que Conrad-le-Pacifique , roi des Bourgognes Ultra Jurane et Cis-Jurane , exerça exclusivement l'autorité royale à Lyon et dans tous le Lyonnais, jusqu'aux montagnes de l'Auvergne , et qu'il conserva cette autorité depuis son avènement au trône , le 11 juillet 937 , jusqu'à sa mort, arrivée le 19 octobre 995; 5° Que par conséquent, la prétendue cession de Lyon , supposée faite par Lo- thaire I I , à titre de dot de Mathilde sa sœur , se réduit tout au plus à l'abandon de quelques prétentions illusoires, lesquelles ne donnaient réellement au roi de France aucune autorité de droit ou de fait, ni sur la ville de Lyon, ni sur aucune partie du Lyonnais; 4° Enfin, que le mariage de Mathilde de France avec Conrad, roi de Bourgogne, n'a pu s'effectuer qu'entre le 1 e r avril 962 et le 10 août 966 (1); que les enfants issus de ce mariage et parvenus à l'âge adulte n'ont été qu'au nombre de trois : savoir , un fils et deux filles, d'où il suit que les autres enfants du roi Conrad , dont il est parlé dans l'histoire , sont nés de son premier mariage avec Adélanie. ( 0 L'âge de Rodolfe III son fils , que les auteurs contemporains font déjà vieux lorsqu'il déclara l'empereur Henri I I , son héritier, ann. 1016 , fait présumer que le mariage de Mathilde se fit en 965