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     Le 1« août, malgré l'approche de la pluie, une vingtaine da
  botanistes parmi lesquels figuraient plusieurs dames, partirent
   de Lyon, et, grâce au chemin de fer, furent rapidement trans-
  portés à St-Chamond. Dès la veille, un cheval porteur des ba^
  gages et des provisions de bouche, attendait l'arrivée de la
  troupe. On prit la direction de St-Martih-de-Coailleux. Là
  commence l'herborisation. Les vieux murs et les rochers offrent
  partout l'Orpin velu (sedum villosum. L.); plus loin, le Genêt pur-
  gatif (genista purgans. L.) couvre la montagne. La fatigue les at-
  tendait au pied du Pilât, après avoir passé la croix du Planil ;
  car, jusque-là, une route parfois un peu raide, mais toujours
  frayée, permit même au cheval de suivre jusqu'au Planil.
     L'on se dirigea vers le haut, dujQiers. Il fallut remonter les
 rochers qui encombrent son lit. La saveur agréable des fraises ,
  des fruits de l'Airelle (vaccinium myrtillus. L.) fit oublier pour
 un moment là pluie qui commençait à tomber. La route suivie
 devenait de plus en plus ardue, les mains aidaient souvent la
 marche. Parmi les mousses qui recouvrent les pierres., abondent
 la Circée des Alpes (Circrca alpina. L.), la Valériane à feuilles
ternées (valeriana tripteris, L.), la Moehringia touffue (Moehrin-
gia rnuscosa. ÃJ.). Sur le bord des bois qui bordent la rive gauche,
la rose des Alpes (rosa alpina. L.) et le grosciller des rochers
O'ibcs pclrœum. L.) attestaient l'élévation à laquelle on était par-
 venu.
    L'orage approchait. Des nuages abaissés sur le liane de la
montagne s'enfonçaient parfois dans les massifs de sapins, où
se résolvaient en brouillards ; parfois condensés et circonscrits,
ils semblaient en suivant les sinuosités d'un rocher glisser sur
ces côtes escarpées.
    Arrivés au pied de la chute du Giers , on contempla un ins-
tant ce beau spectacle. Cette petite rivière se précipite du haut
d'un rocher fort élevé, et vient en écumanl se perdre sous des
amas de pierres détachées de la montagne. Uue cascade, plus
élevée et plus belle domine la première. Son abord est difficile,
néanmoins on peut y parvenir en remontant à quelqtie distance
sur la droite. A gauche^ l'accès en est interdit par des rochers
à pic dont les crevasses sont garnies parla ronce velue (Jîubm