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pris la mort du duc , se confessèrent l'un à l'autre , et attendirent le même sort.
Ils passèrent dans ces cruelles allarmes le reste du jour et la nuit suivante. Pen_
dant cet intervalle , le baron de Lux , neveu de l'archevêque , obtint du roi sa
grâce dont il lui fit donner assurance parle Gast qui le conduisit dans une autre
chambre , afin de lui épargner l'horreur de voir poignarder le cardinal, h'arche-
vêque sortant de la chambre et prenant congé de lui, ce prince qui crut qu'on
le menaçait de la mort, lui dit de penser à son salut ; le prélat qui était assuré
de la vie et de ce qui était préparé au cardinal : — Mais vous , monsieur , lui ré-
pondit-il , pensez tout de bon au vôtre. Il disait vrai, car il fut dépéché incon-
tinant après. Ces deux frères furent les victimes de l'opiniâtreté de l'archevêque
qui, par une fausse prudence, empêcha le duc de suivre les sages conseils que
ses amis lui donnaient de quitter les états, et par une prompte retraite éviter le
danger qui le menaçait.
   Le duc de Mayenne était cependant à Lyon qui attendait quelle serait l'issue
des états, lorsqu'il reçut le jour de Noël au soir un courrier dépéché par Rois-
sicu (1) , gentilhomme du défunt duc , par lequel il apprit la mort du duc son
frère et l'empoisonnement du cardinal. Quelque grande que fut la surprise où
le jeta un événement si peu attendu , il n'eu dit mot jusqu'au lendemain matin
qu'il passa de l'archevêché où il était logé à Sl'-Nizier, et là , trouvant l'offi-
clal (2) de l'archevêque de Lyon , lui dit qu'il prendrait plaisir à faire un tour
dans la galerie peinte. Là, il fit venir le seigneur de Bothéon , le marquis d'IMé
et quelques principaux de la ville auxquels il (it part de ce qui avait été exécuté à
Blois , sur la personne de ces frères, de l'emprisonnement du cardinal de Bour.
bon, de l'archevêque de Lyon et des princes de la maison de Lorraine. Cette
nouvelle fit divers effets sur les auditeurs , suivant la part qu'ils y prenaient ; les
uns en parurent surpris , les autres consternés et quelques uns déconcertés.
   Le duc de Mayenne qui, pensant à la mort de son frère, n'oubliait pas l'assu-
rance de sa propre vie, leur demanda si en demeurant à Lyon, il pouvait y être en
sûreté. On le pria de ne pas la mettre à l'épreuve au préjudice du roi à qui ils
étaient obligés d'obéir à l'exclusion de tout autre, ne pouvant reconnaître d'au-
tre souverain que lui ; quelques-uns prirent la liberté de lui représenter que ce

  ( l ) Voyez l'HlST. UJNIV. de d'Aubigné, tome I I I , page l55. ( PJOTE DES ÉDITEURS).
  (a) Antoine-Emanuel Châlon, de Cei'vières en Forez , entra parmi les jésuites , étant encore
jeune, en ce même temps que Papire Masson avec qui il était lié d'une étroite amitié. Châlon
quitta la société le premier, et ay,ant embrassé l'état ecclésiastique , Pierre d'Espinac qui reconnu t
ses grands talens, l'attacha auprès de sa personne ; il en fit son officiai et le mit à la tête du chapitre
de St-Nizier. Il exerça ensuite les fonctions de grand vicaire sous les deux frères Albert et Claude de
BeUièvre, successivement archevêques ; il était conseiller-clerc au présidial et s'était fait une grande
réputation. Il mourut vers l'an 1613 , et fut enterré à Saint-Nizier, Joignant la balustrade hors
du chœur, à main droite, où l'on voit une inscription contre le pilier de la nef. Il fit de grandes répa-
rations dans l'enclos où est située la maison du sacristain ; et ses armes qui sont une pyramide y p a -
raissent en plusieurs endroits , principalement au devant de la chaire de cette église.