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LA BELLE VEUVE,
ROMAN INTIME, PAR ANATOLE DUMAS.
« Dans ce roman où mon amour est trop et pas assez heureux,
« nous dit l'auteur, dans sa préface, la nature est prise sur le
« fait Pas de duel et d'assassinat, pas de meurtre et de sang!
« Rien de tout ce qui tord l'ame et déchiqueté le cœur avec un
« poignard et du poison ! la mort nulle part! la vie partout! tou-
« jours elle aussi vivante que possible avec ses angoisses et ses
« ivresses, son délire et ses tourmens.... La poésie, la morale,
« la politique ont payé leur tribut à ce roman-owtrti&MS.»
Et l'auteur dit vrai, car son héros Anatole fait un peu de tout
cela ; il fait plus même, car il déjeûne parfois chez les frères Pro-
vençaux, sablant du St-Péray, fabriqué à Paris, avalant avecdé-^
lices ces êtres zootiques, vulgairement appelés huîtres, qu'il pré-
fère de beaucoup au classique verre d'absinthe. «Vivant à Paris
« où il achevait ses études médicales, Anatole, à la pensée grande
« et généreuse, au cœur noble et passionné, aimait la vie avec
« son délire ; mais ennemi du vice et du crime, il l'aimait sérieuse
« et gaie, lente et rapide, modeste et grandiose.... Entraîné
« souvent par l'élan d'une verve chaleureuse, il oubliait le monde
« auquel il ne tenait que par le corps et se cramponnait au spiri-
« lualisrne par ses pensées profondes sur la vie de l'ame et du