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                                       PLUTON.
   « Voilà u n merveilleux garant ! Mais , dis-moi, appuyé de
l'abbé de P u r e , comme tu e s , as-tu fait quelque figure dans le
monde? T'y as-t-on jamais vu?
                                      OSTORIUS.
   « Oui-dà ; et à la faveur d'une pièce de théâtre que cet abbé a
faite de m o i , o n m'a vu à l'hôtel de Bourgogne.
                                       PLUTON.
  « Combien de fois ?
                                      OSTOIUCS.
  « E h ! une fois.
                                           PLUTON.
   « Retourne-t'y-en (1). »
   « On ne conçoit p a s , disait l'éditeur de Boileau, en 1 7 7 2 ,
comment M. Despréaux a pu employer cette expression, ni
pourquoi les critiques ne l'ont pas relevée. On la passerait à
peine au plus grossier villageois. » Ces mots , si pénibles à pro-
noncer , étonnent surtout de la part d'un dieu , dont l'oreille est
déchirée par le style de la Pucelle. On n'aperçoit pas quel motif
a pu déterminer l'auteur à s'en servir de préférence à ceux-ci .     -
retournes-y. Peut-être a-t-il cru que , par cette dureté même , ils
convenaient mieux à l'impatience de Pluton (2).
   Mais ce n'est pas là tout ; Pluton n'avait donc point lu les An-
nales de Tacite , car cet auteur parle d'Ostorius (3). Voici le petit
argument que l'abbé de Pure avait mis au commencement de sa
tragédie :
   « Caractacus régnait parmi les Bretons , du temps de Claude.
Il fit la guerre pour la liberté de son pays pendant neuf années,
avec tant de succès , qu'il fut la gloire de sa nation et la terreur
de ses ennemis. La fortune fut jalouse de sa v a l e u r , et le livra
aux Romains. Il fut conduit à Rome avec sa femme , sa fille et
ses p a r e n s , et peu s'en fallût qu'il ne fût exposé en spectacle
au p e u p l e , en suivant le char d'Ostorius , à qui le sénat avait


   (1) OEBVRES de Boileau Despréaux, tom. III, pag. 8 7 , édit. Saint-Surin.
   (2) M. de Saint-Surin, IBID.
   (3) ANNAL. XII, 5 1 , 3 5 , 3 8 , 89.