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									<tei:title>Le peintre et l'excellence du savoir</tei:title>                  
									<tei:author>Szanto, Mickaël</tei:author>                </tei:titleStmt>                
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									<tei:publisher>Bibliothèque municipale de Lyon</tei:publisher>                  
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								<tei:title>Gryphe</tei:title>                
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									<tei:p>Maquette Gryphe développé par le service documentation régionale de la Bibliothèque municipale de Lyon</tei:p>
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								<tei:head>Le peintre et l'excellence du savoir		</tei:head>
								<tei:head type="sub">Regard sur le cabinet de 
									<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>, où le profane côtoie le sacré, où dessins et gravures voisinent avec tableaux et traités illustrés</tei:head>A bien des égards, 
								<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name> fut un peintre singulier. Singulier par son parcours d'artiste tout d'abord. Formé à Lyon dans la France de 
								<tei:name type="person" reg="">Marie de Médicis</tei:name>, 
								<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, à peine âgé de 20 ans, quitte sa ville natale pour compléter sa formation en Italie. Le séjour italien est alors de règle pour tous les peintres de quelque ambition, mais 
								<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, contrairement à l'habitude, s'arrête assez longuement à Florence (de 1618-1619 à 1622 environ), où il côtoie 
								<tei:name type="person" reg="">Jacques Callot</tei:name> et apprend les rudiments de la gravure. C'est seulement après ce premier séjour florentin qu'il s'établit durablement dans la Ville éternelle, de 1622 à 1634 : treize années passées à Rome, soit autant que 
								<tei:name type="person" reg="">Simon Vouet</tei:name> (de 1614 à 1626). 
								<tei:figure>
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									</tei:ref>
									<tei:head>Anonyme français, 
										<tei:title>Portrait de Jacques Stella</tei:title>
									</tei:head>huile sur toile (Lyon, musée des Beaux-Arts, inv. A 2886 - © MBA Lyon, photo Alain Basset).</tei:figure>
								<tei:p>Reçu dès 1624 à l'Académie de Saint-Luc, 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> gravit un à un les échelons honorifiques. 
									<tei:title>Provvidore allo Studio</tei:title> (inspecteur de l'atelier) en 1624, il compte en 1628 parmi les douze 
									<tei:title>Maestri dello Studio</tei:title>, aux côtés de peintres aussi célèbres que 
									<tei:name type="person" reg="">Cortone</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Lanfranco</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Sacchi</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Tempesta</tei:name> ou 
									<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>. Alors que le peintre acquiert une solide notoriété, que l'Espagne tente de l'attirer, 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> s'en retourne pour la France dans l'équipage de l'ambassadeur 
									<tei:name type="person" reg="">Charles de Créquy</tei:name>. En 1635, il est à Paris, bientôt honoré d'un brevet de  
									<tei:quote>peintre ordinaire du roi</tei:quote> et d'un logement au Louvre. </tei:p>
								<tei:p>Malgré la toute puissance de 
									<tei:name type="person" reg="">Simon Vouet</tei:name>, revenu à Paris en 1627, 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> n'en cumule pas moins les commandes prestigieuses, publiques et privées : il réalise de grands retables pour les églises de Paris, fournit en tableaux de chevalet les principaux cabinets d'amateur, exécute des dessins pour l'Imprimerie royale nouvellement fondée, tandis que les meilleurs graveurs de sa génération (
									<tei:name type="person" reg="">Mellan</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Rousselet</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Daret</tei:name>...) traduisent au burin ses plus belles compositions. Il obtient en 1644 l'ordre de Saint-Michel, privilège insigne dont seuls quelques peintres, pour tout le XVIIe siècle, peuvent s'enorgueillir.</tei:p>
								<tei:p>Autre singularité propre à la figure de 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> : l'étonnante évolution de son style et la diversité de ses manières. Alors qu'à Florence, aux côtés de 
									<tei:name type="person" reg="">Callot</tei:name>, il apprend le geste rapide, la verve et la nervosité du trait - l'encre coule sur la feuille, d'une plume impétueuse, audacieuse, toujours sûre -, à Rome, il développe progressivement un art plus sage, plus appliqué, et se rend célèbre pour ses petits tableaux peints sur pierre, à la facture porcelainée. A Paris, s'il poursuit, avec une même habileté, sa peinture en petit, il entreprend des compositions ambitieuses, dans un style résolument nouveau, en complète rupture avec l'art « baroque » d'un 
									<tei:name type="person" reg="">Simon Vouet</tei:name>. La connaissance des grands modèles - l'antique et 
									<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> -, l'ascendance croissante de son ami Poussin, la parfaite connaissance des traités d'architecture et de perspective, la science exacte du dessin, marquent le renouvellement de son art tout en inaugurant un style moderne (appelé aujourd'hui atticisme) qui s'imposera à Paris auprès de la nouvelle génération, d'
									<tei:name type="person" reg="">Eustache Le Sueur</tei:name> à 
									<tei:name type="person" reg="">Laurent de La Hyre</tei:name>. </tei:p>
								<tei:div type="section">
									<tei:head>Le règne de l'éclectisme</tei:head>
									<tei:p>Mais plus singulière encore fut sans doute sa personnalité. Peintre profondément religieux, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella </tei:name>aimait la retraite et la méditation. Ce célibataire endurci, qui vécut les dernières années de sa vie aux côtés de sa mère 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine de Masso</tei:name> et de ses neveux et nièces, fut une personnalité discrète, un artiste, selon 
										<tei:name type="person" reg="">André Félibien</tei:name>, « d'une complexion fort délicate » et de « peu de santé ». « 
										<tei:quote>Durant l'hyver, lors que les soirées sont longues, raconte 
											<tei:name type="person" reg="">Félibien</tei:name>, il s'appliquoit ordinairement à faire des suites de Desseins, tels que ceux de la vie de la Vierge.</tei:quote> La vie de 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> fut toute entière consacrée à la peinture. L'amour de son art l'avait amené, chemin faisant, à constituer une importante collection d'oeuvres d'art, chose rare pour les peintres de sa génération.</tei:p>
									<tei:figure>
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										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:title>Squelette</tei:title>, dans 
											<tei:name type="person" reg="">André Vésale</tei:name>
										</tei:head>
										<tei:title>De Humanis coporis </tei:title>(BM Lyon, Rés. 28606).</tei:figure>
									<tei:p>Célèbre aujourd'hui pour avoir rassemblé dans l'appartement du Louvre un ensemble d'oeuvres de son ami 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> fut également, et de manière générale, un « curieux de toutes les belles choses ». Nous reprenons ici les termes mêmes d'
										<tei:name type="person" reg="">André Félibien</tei:name>, le premier biographe de 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> (1688) 
										<tei:note>
											<tei:name type="person" reg="">A. Félibien</tei:name>, 
											<tei:title>Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes</tei:title>, Paris, 1688.</tei:note>. Le peintre avait même rapporté d'Italie, précise l'historien, « plusieurs Tableaux de bons Maîstres », dont deux oeuvres importantes d'
										<tei:name type="person" reg="">Annibal Carrache</tei:name>. L'inventaire des biens dressé après la mort de 
										<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>, qui nous aurait informé précisément sur le contenu de sa collection, semble définitivement perdu. Mais on conserve celui de sa nièce et héritière 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name> (inventaire de 1693) qui décrit dans l'appartement du Louvre, où est mort 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> en 1657, un ensemble considérable d'objets d'art : une cinquantaine de tableaux de maître aux attributions prestigieuses (
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Reni</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Carrache</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>...), plus de quatre cents dessins de collection réunis en deux recueils, avec des attributions non moins importantes (
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Jules Romain</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Michel-Ange</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Léonard de Vinci</tei:name>, etc.), des centaines de gravures des meilleurs burinistes de la Renaissance (
										<tei:name type="person" reg="">Dürer</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Cornelis Cort</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Marcantonio Raimondi</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Giulio Bonasone</tei:name>, etc.), des portefeuilles tout entiers remplis d'estampes de 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Callot</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Tempesta</tei:name>, et de bien d'autres encore. </tei:p>
									<tei:figure>
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										</tei:ref>
										<tei:head>Entablement dans 
											<tei:name type="person" reg="">Andrea Palladio</tei:name>, 
											<tei:title>I quattro libri dell'archichitettura...</tei:title>, Venise, 1581</tei:head> (BM Lyon, 132 347, p. 116).</tei:figure>
									<tei:p>Cet ensemble singulier était complété, chose également rare chez les artistes de cette époque, par une bibliothèque d'environ deux cent vingt volumes. On y découvre les grands classiques souvent présents chez les peintres, tels l'
										<tei:title>Iconologia</tei:title> de 
										<tei:name type="person" reg="">Cesare Ripa</tei:name> ou 
										<tei:title>L'Explication des fables</tei:title> de 
										<tei:name type="person" reg="">Natale Conti</tei:name>, mais encore bien d'autres recueils illustrés, les très précieux atlas d'
										<tei:name type="person" reg="">Ortelius</tei:name>, des traités d'architecture, de perspective, d'anatomie, les principaux recueils d'après l'antique, auxquels s'ajoutait un ensemble de livres d'histoire (
										<tei:name type="person" reg="">Homère</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Plutarque</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Tite-Live</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Xénophon</tei:name>, etc.). 
										<tei:note>Cet inventaire, rédigé par les soins de Claudine Bouzonnet-Stella, à la fin de sa vie, en 1693, a été publié par J.-J. Guiffrey, "Testament et inventaire des biens, tableaux, dessins, planches de cuivre, bijoux, etc. de Claudine Bouzonnet-Stella rédigés et écrits par elle-même. 1693-1697", Nouvelles Archives de l'Art français, 1877. La partie consacrée aux tableaux, dessins, estampes et livres est reproduite et annotée en annexe du catalogue d'exposition, Jacques Stella 1596-1657, musée des Beaux-Arts de Lyon, 2006, p. 246-257. Pour les raisons qui nous ont amenés à donner la paternité de cet ensemble, du moins son noyau principal, à Jacques Stella, voir notre essai « Le cabinet d'un 'peintre parfait'. A propos des 'belles choses' de Jacques Stella », dans le catalogue cité précédemment, p. 18-24.</tei:note>
									</tei:p>
									<tei:figure>
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										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>, 
											<tei:title>Salomon recevant la reine de Saba</tei:title>, toile</tei:head> Lyon, musée des Beaux-Arts, inv. 1992.8 - © MBA Lyon, photo 
										<tei:name type="person" reg="">Alain Basset</tei:name>).</tei:figure>
									<tei:p>Que peut-on dire de cet ensemble ? Si 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> fut un « curieux de toutes les belles choses », cette curiosité ne relève pas d'un désir de connaissance encyclopédique propre à certains curieux du Grand Siècle. Dans l'appartement du Louvre, on ne trouve nulle boîte de coquillages rares, nul tiroir de cabinet rempli de précieuses médailles antiques, nulle étagère ornée de curiosités naturelles, pierres de bézoard, cornes de licorne, oeufs d'autruche et autres merveilles de la nature. Chez 
										<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>, la collecte des objets s'est limitée à tout ce qui relève de la science du peintre : tableaux, gravures, dessins, livres et traités illustrés. C'est dire combien la collection de Jacques Stella doit se comprendre avant tout comme une collection d'artiste. </tei:p>
									<tei:p>Reste qu'il serait faux de comprendre cet ensemble exceptionnel d'images comme une simple « iconothèque » dans laquelle Stella puisa son inspiration. La collection, croyons-nous, trahit une quête de l'excellence, une conception de la peinture, qui allait s'imposer bientôt, sous l'égide de l'Académie royale de peinture et de sculpture, sur toute une génération d'artistes français.</tei:p>
									<tei:figure>
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										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Cornelis Cort</tei:name>, 
											<tei:title>Le Baptême du Christ</tei:title>, 1575</tei:head> (BM Lyon, N16COR002805)</tei:figure>
								</tei:div>
								<tei:div type="section">
									<tei:head>
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> collectionneur de 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>
									</tei:head>
									<tei:p>Une remarque préliminaire s'impose. A lire l'inventaire de 1693, on ne peut manquer de constater que 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> collectionna ses propres tableaux, signe peut-être d'une relation, si ce n'est possessive du moins singulière à son oeuvre. Parmi la centaine de peintures de sa main mentionnée en 1693, on en trouve un certain nombre qui ne relèvent pas, à proprement parler, du fond d'atelier </tei:p>
									<tei:p>Les sept premiers numéros de l'inventaire, sept tableaux de grand format, comptent parmi les compositions les plus ambitieuses qu'ait réalisées 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> durant sa carrière parisienne. Parmi ceux-ci, on reconnaît les pendants pour l'histoire de Salomon conservés aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Lyon, le 
										<tei:title>Bain de Diane</tei:title>, tableau perdu que 
										<tei:name type="person" reg="">Félibien</tei:name> cite en 1688 parmi les oeuvres importantes « que l'on voit » de 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, ou encore 
										<tei:title>Sainte Hélène ramenant la Croix</tei:title>, une oeuvre signée et datée de 1646, où le peintre déploie toute son érudition. Manifestement 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, bien loin d'être pressé de vendre ses chefs-d'oeuvre, préférait les conserver. Ce trait particulier, assez rare pour mériter d'être relevé, prend sens au regard de la savante collection décrite en 1693, miroir des ambitions du peintre.</tei:p>
									<tei:figure>
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										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Cornelis Cort</tei:name>, 
											<tei:title>Moïse et Aaron devant le pharaon</tei:title>, 1567</tei:head> (BM Lyon, N16COR02788).</tei:figure>
								</tei:div>
								<tei:p>La collection de 
									<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name> illustre, de manière frappante pour un peintre à la piété notoire, autant les grands thèmes religieux que les sujets mythologiques, fussent-ils un peu lestes. C'est peut-être nous rappeler qu'un grand artiste se doit d'être à la fois, à la manière de 
									<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>, le peintre des loges du Vatican et celui des fresques de Psyché. De 
									<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, par exemple, 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> n'eut pas seulement le 
									<tei:title>Saint Pierre et saint Jean guérissant le boiteux</tei:title> (New York, The Metropolitan Museum of Art), il posséda très probablement l'impudique 
									<tei:title>Bain de femmes</tei:title> (tableau aujourd'hui ruiné, collection anglaise) qu'avait peint 
									<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name> pour le maréchal 
									<tei:name type="person" reg="">de Créquy</tei:name>. Si 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> ramena à son retour d'Italie deux petits portraits de saint 
									<tei:name type="person" reg="">Philippe Néri</tei:name> et du bienheureux 
									<tei:name type="person" reg="">Félix de Cantalice</tei:name> (mentionnés dans l'inventaire de 1693), il s'en revint aussi avec deux célèbres 
									<tei:name type="person" reg="">Carrache</tei:name>, d'esprit tout différent... : 
									<tei:title>La Toilette de Vénus</tei:title> (aujourd'hui conservée à la Pinacothèque de Bologne) et son pendant, 
									<tei:title>Diane et Callisto</tei:title> (Mertoun House, collection du duc de Sutherland) 
									<tei:note>
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> vendit de son vivant ces deux importantes peintures, mais en conserva des copies.</tei:note>. </tei:p>
								<tei:p>De même, on trouve parmi les tableaux de la collection, une 
									<tei:title>Tête de Christ</tei:title> de Bellini, un 
									<tei:title>Saint François</tei:title> de 
									<tei:name type="person" reg="">Guido Reni</tei:name>, un 
									<tei:title>Christ au jardin des Oliviers</tei:title> du Corrège, mais encore une 
									<tei:title>Vénus et Vulcain</tei:title> de 
									<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> (probablement l'une des répliques du tableau du Louvre), ainsi qu'un précieux 
									<tei:name type="person" reg="">Carrache</tei:name> que la décence avait demandé de recouvrir d'un « petit rideau » : 
									<tei:title>Venus, Cupidon et un satire qui lui soutient la jambe</tei:title>. Ce double registre, sacré/profane, répond aux principales séries réalisées par 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, 
									<tei:title>La Passion du Christ</tei:title>, 
									<tei:title>La Vie de la Vierge</tei:title> et 
									<tei:title>L'Histoire de Vénus et de Cupidon</tei:title>, douze petits tableaux non pas présentés dans la salle principale de l'appartement, mais « dans une fausse porte derrière la tapisserie ».</tei:p>
								<tei:figure>
									<tei:ref target="">
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									</tei:ref>
									<tei:head>
										<tei:name type="person" reg="">René Boyvin</tei:name>, d'après 
										<tei:name type="person" reg="">Léonard Thiry</tei:name>, dans 
										<tei:title>Livre de la conqueste de la Toison d'or</tei:title>, texte par 
										<tei:name type="person" reg="">J. Gohory</tei:name>
									</tei:head>Paris, 1563 (BM Lyon, Rés. Est. 152 726).</tei:figure>
								<tei:p>A la dualité des registres, sacré et profane, qui rythme la collection, s'ajoute l'étonnante diversité des modèles que viennent illustrer les estampes et les recueils gravés. L'inventaire cite des noms aussi différents que 
									<tei:name type="person" reg="">Callot</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Dürer</tei:name>, 
									<tei:name type="person" reg="">Carrache</tei:name> ou 
									<tei:name type="person" reg="">Tempesta</tei:name>. L'un des portefeuilles traduit à lui seul cette diversité avec 139 pièces 
									<tei:quote>tant du Mouciant [Muziano] que de 
										<tei:name type="person" reg="">Carache</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Palmesant</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Michel Ange</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Titien</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Corrège</tei:name>,
										<tei:name type="person" reg=""> Baroche</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">André Montaigne</tei:name> [Andrea Mantegna], 
										<tei:name type="person" reg="">Golcius</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Alber Dur[er]</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Rubens</tei:name> et autre</tei:quote> (n° 253 de l'inventaire). De même, le grand 
									<tei:quote>livre couvert de vélin contenant un ramas d'estampes presque toute de dévotion, gravé par 
										<tei:name type="person" reg="">Corneille Cor</tei:name> [Cornelis Cort] et autres, grand in folio</tei:quote> contenait sans doute ses plus belles planches, celles gravées d'après les grands maîtres de la Renaissance, par exemple 
									<tei:title>Le Martyre de saint Etienne</tei:title> d'après 
									<tei:name type="person" reg="">Titien</tei:name>, 
									<tei:title>Moïse et Aaron devant Pharaon</tei:title> d'après 
									<tei:name type="person" reg="">Federico Zuccaro</tei:name>, 
									<tei:title>Le Baptême du Christ</tei:title> d'après 
									<tei:name type="person" reg="">Francesco Salviati</tei:name>, ou encore la magnifique planche de 
									<tei:title>La Transfiguration</tei:title> d'après 
									<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>. Etaient également représentés les maîtres de l'école de Fontainebleau, notamment avec la série de planches gravées d'après les compositions du Primatice de la Galerie d'Ulysse ou le très beau recueil illustré par Léonard Thiry sur l'histoire de la Toison d'Or. </tei:p>
								<tei:p>Cette diversité des modèles est aussi une diversité des genres : sujet de dévotion, avec 
									<tei:name type="person" reg="">Cornelis Cort</tei:name>, batailles et paysages, avec 
									<tei:name type="person" reg="">Antonio Tempesta</tei:name>, fable, avec 
									<tei:name type="person" reg="">Primatice</tei:name>, portraits avec, par exemple, les planches d'après 
									<tei:name type="person" reg="">Van Dyck</tei:name>. Mille inventions qui ont nourri l'imaginaire de 
									<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>. Reste qu'il serait faux de croire que l' « iconothèque » Stella se définit seulement par le règne du désordre et du multiple. Derrière l'étonnante multiplicité des modèles, se dessinent des options précises, des choix délibérés qui indiquent non seulement les préférences de 
									<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, mais aussi une conception de la peinture. </tei:p>
								<tei:div type="section">
									<tei:head>Les deux maîtres vénérés : 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> et 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>
									</tei:head>
									<tei:p>Deux grands modèles sont ainsi privilégiés : l'un, le premier des peintres modernes, l'autre, le premier des contemporains, 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> et 
										<tei:name type="person" reg="">Nicolas Poussin</tei:name>, deux noms qui allaient devenir les références absolues de l'Académie royale de peinture et de sculpture. La figure de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> est partout présente dans les collections rassemblées par Stella, qu'il s'agisse des estampes, des dessins, des tableaux ou des recueils illustrés. Parmi les gravures, l'inventaire de 1693 fait état d'un ensemble de premier ordre : un portefeuille de 94 estampes, « toute belle », « presque tout de 
										<tei:name type="person" reg="">Marc Antoine [Raimondi]</tei:name> » (n° 249), le principal graveur de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>, important portefeuille que complétait un second portefeuille de 106 estampes  
										<tei:quote>tant des grande pièce de Marc Antoine, toute belle, que de Bonasone, 
											<tei:name type="person" reg="">Silvestre de Ravene</tei:name>, et autre</tei:quote> (n° 250), autres célèbres interprètes des compositions de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>. Il n'est pas à douter que ces recueils contenaient 
										<tei:title>L'Ecole d'Athènes</tei:title>, ambitieuse composition gravée en deux planches par 
										<tei:name type="person" reg="">Giulio Bonasone</tei:name>, ou encore l'une des plus célèbres planches de 
										<tei:name type="person" reg="">Raimondi</tei:name>, 
										<tei:title>Le Jugement de Paris</tei:title>, dont 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> s'inspira en 1650 pour sa composition sur le même sujet.</tei:p>
									<tei:p>A ces deux portefeuilles, s'ajoutait un troisième portefeuille, contenant 175 estampes, « tant grande que petite, après Raphaël, gravée par diverses mains » (n° 253). De 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> encore, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> possédait deux recueils d'après les 
										<tei:title>Loges</tei:title> du Vatican, l'un gravé par 
										<tei:name type="person" reg="">Orazio Borgianni</tei:name> (n° 326), l'autre par 
										<tei:name type="person" reg="">Nicolas Chaperon</tei:name> (n° 291). Il possédait aussi « la Psyché de Raphael, gravée par 
										<tei:name type="person" reg="">Balthasar Petruccio</tei:name> » (n° 240 de l'inventaire), très probablement la série gravée par 
										<tei:name type="person" reg="">Bernardo Daddi</tei:name> (et non par « Balthasar Petruccio » (Baldassare Peruzzi), dont le nom, il est vrai, était attaché, comme architecte de la villa Farnésine, aux compositions peintes par 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> dans la loge de Psyché). </tei:p>
									<tei:figure>
										<tei:ref target="">
											<tei:graphic url=""/>
										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Marcantonio Raimondi</tei:name>, 
											<tei:title>Le Jugement de Paris</tei:title> </tei:head>(BM Lyon, I16RAI004884).</tei:figure>
									<tei:p>Une même prédilection pour l'art de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> se lit dans la collection de tableaux et de dessins. Si 
										<tei:title>Venus et Vulcain</tei:title>, probablement l'une des répliques de la version 
										<tei:name type="person" reg="">Jabach</tei:name> (aujourd'hui au Louvre), est mentionné dans l'inventaire comme une oeuvre de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> (n° 155), sans que soit discutée son authenticité, la faiblesse de la prisée - 300 livres - indique que l'on excluait alors qu'il puisse s'agir d'une peinture authentique. Reste que le petit panneau avait assez d'importance aux yeux de 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name> pour être cité en premier parmi la liste des « tableaux de maître ». On remarquera encore qu'étaient présentés parmi les peintures deux précieux dessins de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> (n° 210-211), encadrés sous verre, dont l'un, 
										<tei:title>Le Christ remettant les clefs à saint Pierre</tei:title>, était estimé 1 000 livres, soit une prisée supérieure aux plus fortes estimations données aux tableaux (à l'exception des oeuvres de 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>). </tei:p>
									<tei:p>Non seulement 
										<tei:name type="person" reg="">Stella </tei:name>possédait ce prestigieux dessin, aujourd'hui conservé au Louvre, et que 
										<tei:name type="person" reg="">Jabach</tei:name> avait tenté en vain de lui racheter, mais il rassembla également dans un recueil de dessins de grands maîtres (n° 212) pas moins de 10 feuilles de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> et une quinzaine de son élève 
										<tei:name type="person" reg="">Jules Romain</tei:name>. </tei:p>
									<tei:p>Ce groupe de dessins n'avait pour rival que 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, représenté par 21 dessins, l'artiste le mieux illustré de tout le recueil. Chez 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, l'intérêt marqué pour l'oeuvre de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> allait de pair avec celui porté à l'art de 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, le « Raphaël français », mais aussi son intime ami qu'il côtoya à Rome et avec lequel il entretint une importante correspondance. </tei:p>
									<tei:p>De 1637 à 1657, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> commanda cinq tableaux à 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name>, dont 
										<tei:title>Le Frappement du Rocher</tei:title> (Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage) et 
										<tei:title>Moïse exposé sur les eaux</tei:title> (Oxford, Ashmoleam Museum), deux peintures que 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name> grava après la mort de son oncle. Parallèlement à ces commandes, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> acquit des oeuvres de 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name> sur le marché parisien, telle 
										<tei:title>La Crucifixion</tei:title> (Hartford, Wadsworth Atheneum), peinte vers 1646 (le tableau fut également gravé par 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name>). Il est probable que les liens étroits entre les deux peintres ont nourri une conception de la peinture, un art savant où rien ne saurait être laissé « au hasard », comme l'avait écrit 
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name> à 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> dans une lettre restée célèbre de septembre 1649. 
										<tei:note>
											<tei:title>Correspondance de Nicolas Poussin</tei:title>, éd. C. Jouanny, 
											<tei:title>Archives de l'Art français</tei:title>, 1911, n° 175.</tei:note>
									</tei:p>
								</tei:div>
								<tei:div type="section">
									<tei:head>La valeur supérieure du dessin</tei:head>
									<tei:figure>
										<tei:ref target="">
											<tei:graphic url=""/>
										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name>, 
											<tei:title>Christ en croix</tei:title>, 1660</tei:head> (BM Lyon, F17BOU005438).</tei:figure>
									<tei:p>Si tableaux, gravures, livres de figures et autres traités illustrés nous informent sur 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, ses sources et sa conception générale de la peinture, sa collection de dessins de grands maîtres, plus particulièrement le précieux recueil de 112 dessins, que 
										<tei:name type="person" reg="">Claudine Bouzonnet-Stella</tei:name> décrit en 1693 feuille après feuille (n° 212), donne le la de sa pensée sur les beaux-arts : la valeur supérieure du dessin. 
										<tei:name type="person" reg="">Vasari</tei:name> en avait défendu le principe et bien d'autres auteurs italiens après lui, notamment
										<tei:name type="person" reg=""> Giacomo Franco</tei:name> en 1611 dans son petit manuel d'apprentissage 
										<tei:title>Della Nobiltà del disegno</tei:title> (1611), dont 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> possédait un exemplaire (n° 296). Dans l'introduction, 
										<tei:name type="person" reg="">Franco</tei:name> se livre à un vif plaidoyer en faveur du dessin, 
										<tei:quote>père de la peinture, sans lequel elle ne pourra jamais être parfaite.</tei:quote> </tei:p>
									<tei:p>Le précieux recueil de dessins, rassemblé par 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, ne contient que des feuilles sélectionnées avec soin, à la mesure de la portée théorique que le peintre semble avoir accordée à l'art du dessin. On y retrouve les principaux champs d'étude qu'un artiste se doit de cultiver (portraits, paysages, académies, motifs d'après nature et copies d'après l'antique) ; on y trouve évoquées également les plus célèbres réalisations de la Renaissance : les loges de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> au Vatican, les décors de 
										<tei:name type="person" reg="">Jules Romain</tei:name> au Palais du Té à Mantoue, la Bataille de Cascina de 
										<tei:name type="person" reg="">Michel-Ange</tei:name>, la fresque du Jugement dernier de la chapelle Sixtine, 
										<tei:title>la Descente de croix</tei:title> de 
										<tei:name type="person" reg="">Daniele da Volterra</tei:name>, ou encore la Galerie Farnèse d'
										<tei:name type="person" reg="">Annibal Carrache</tei:name>. </tei:p>
									<tei:p>Se succèdent ainsi, au gré des 52 feuillets du recueil, les grands noms de la peinture, dessinant chemin faisant une véritable anthologie de l'histoire de l'art. Si le recueil s'ouvre par un autoportrait de 
										<tei:name type="person" reg="">Dürer</tei:name>, l'un des grands peintres-théoriciens de la Renaissance, s'il illustre l'art de 
										<tei:name type="person" reg="">Rubens</tei:name> et de 
										<tei:name type="person" reg="">Van Dyck</tei:name> avec deux dessins, c'est de loin les grands noms de la Renaissance italienne qu'il impose comme modèles. Les peintres cités sont nombreux : de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> à 
										<tei:name type="person" reg="">Vasari</tei:name>, de 
										<tei:name type="person" reg="">Michel-Ange</tei:name> à 
										<tei:name type="person" reg="">Titien</tei:name>, de 
										<tei:name type="person" reg="">Mantegna</tei:name> à 
										<tei:name type="person" reg="">Léonard</tei:name>, en passant par 
										<tei:name type="person" reg="">Corrège</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Jules Romain</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Andrea del Sarto</tei:name>, 
										<tei:name type="person" reg="">Polidoro da Caravaggio</tei:name>, etc.</tei:p>
									<tei:p>La présentation des dessins dans le recueil nous paraît suivre, sans être systématique, un triple mode de classement, à la fois thématique, stylistique, mais encore chronologique : 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> tout d'abord, figure dominante du recueil, avec J
										<tei:name type="person" reg="">ules Romain</tei:name> son élève, 
										<tei:name type="person" reg="">Annibal Carrache</tei:name> ensuite, le chef de file de l'école bolonaise, et son élève 
										<tei:name type="person" reg="">Guido Reni</tei:name>, enfin 
										<tei:name type="person" reg="">Nicolas Poussin</tei:name>, le peintre contemporain le mieux représenté de tout le recueil. Cette triade 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name>-
										<tei:name type="person" reg="">Carrache</tei:name>-
										<tei:name type="person" reg="">Poussin</tei:name> ne traduit pas seulement la pensée « classique » de l'histoire de la peinture, qui se forme alors dans les cercles érudits de Paris, particulièrement autour des frères 
										<tei:name type="person" reg="">Fréart</tei:name>, elle reflète aussi une conception du développement des arts fondée sur le dessin, dont Vasari un siècle plus tôt avait jeté les bases. Ce recueil semble réaffirmer le dessin comme exercice fondamental auquel tout artiste doit se livrer pour son perfectionnement, mais également comme concept déterminant du progrès de la peinture. 
										<tei:title>L'Autoportrait</tei:title> de 
										<tei:name type="person" reg="">Dürer</tei:name>, le peintre-théoricien, qui ouvre cette anthologie, les deux dessins qui la ferment, 
										<tei:title>La Déposition</tei:title> de 
										<tei:name type="person" reg="">Jean Stella</tei:name>, le grand-père de Jacques, suivi d'un dessin de 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> lui-même, le seul du recueil, inscrivent le 
										<tei:title>Pictor Lugdunensis</tei:title> à la fois dans la grande histoire de la peinture, mais aussi dans celle de sa propre lignée familiale. </tei:p>
									<tei:figure>
										<tei:ref target="">
											<tei:graphic url=""/>
										</tei:ref>
										<tei:head>
											<tei:name type="person" reg="">Jacques Stella</tei:name>, 
											<tei:title>Salomon sacrifiant aux idoles</tei:title>, toile </tei:head>(Lyon, musée des Beaux Arts, inv. 1993.1 - © MBA Lyon, photo Alain Basset).</tei:figure>
									<tei:p>Le cabinet 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name>, avec ses tableaux, ses estampes, ses dessins et ses livres, constitue moins une collection d'amateur à proprement parler qu'un « laboratoire de connaissances », diffusant une pédagogie des arts à la manière des Académies italiennes. En ce sens, 
										<tei:name type="person" reg="">Stella</tei:name> ne fut pas seulement l'un des principaux « peintres-collectionneurs » de son temps, il fut aussi, en « peintre parfait », l'un des tout premiers promoteurs en France d'une « école » idéale des arts, fondée sur la science du dessin, l'étude conjointe de la nature et de l'antique, et la vénération des grands maîtres, de 
										<tei:name type="person" reg="">Raphaël</tei:name> à 
										<tei:name type="person" reg="">Nicolas Poussin</tei:name>.</tei:p>
								</tei:div>
								<tei:byline>
									<tei:docAuthor>Mickaël Szanto</tei:docAuthor> Pensionnaire à l'Académie de France à Rome. Mickaël Szanto est spécialiste de l'histoire des collections et du marché de l'art de la période moderne. il a consacré un ouvrage à la première exposition de peintures anciennes que l'on connaisse pour la France. (
									<tei:title>Entre le dessin et la couleur. Une exposition de tableaux au Grand Siècle. Hôtel de La Ferté Senneterre</tei:title>; 1683, Droz, 2007, sous presse).</tei:byline>
							</tei:body>
						</tei:text>
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