OPINIONS

VUim CDMM1IIALB

7e

Gette indication ne peut être que très sommaire. Elle doit se borner à une Idée et à un simple croquis de son application pratique.

L'idée est de transférer, par mesure transitoire, du budget de l'Etat aux budgets communaux, les 42 millions annuellement affectés aux cultes..

C'est-à-dire de rayer du budget de l'Etat les traitements ecclésiastiques et les dépenses relatives aux édifices des cultes, pour les inscrire, respective^ nient et obligatoirement tout d'abord, aux dépenses municipales de chaque commune. t ■

Ce n'est pas à proprement parler la dénonciation du Concordat; ce n'est pas non plus la séparation totale, l'Etat demeurant le tuteur des communes. C'est un acheminement honorable, logique et gradué, par voie de transfert budgétaire, vers le régime des églises entretenues et subventionnées directement par leurs' fidèles.

C'est l'Eglise communale avant • l'Eglise libre.

Un tel projet ne saurait rencontrer ïa faveur de ceux qui attendent de la séparation « l'écrasement de l'Infâme».

Ceux-là sont des sectaires, à qui la liberté sert de masque et qui ne visent qu'à opprimer un culte, pour lui substituer celui qu'ils tiennent en réserve.

Mais, à côté de ces maniaques, bien, plus dangereux pour nous que pour l'Eglise — en ce sens qu'ils nous préparent, par leurs violences et leurs maladresses, une réaction religieuse dont il faudra peut-être sérieusement se garer — il y a des esprits ouverts aux améliorations grogressives du régime des cultes, à qui la séparation donne en perspective l'illusion de la liberté.

C'est à ceux-là qu'il convient de présenter tout d'abord cette conception si simple d'une transition aménagée et d'une solution mixte. \

Elle ne blesse en rien l'économie générale du Concordat, et les négociations avec le Saint-Siège ne revêtiraient, de ce chef, aucune apparence' d'hostilité ni de rupture.

Elle n'altère point le caractère de de! te nationale, primitivement imprimé' par la Constituante à la dotation du

culte catholique. Elle met seulement cette dette en coupures, et, en la fractionnant ainsi, par obligations dispersées dans le pays, elle atténue la responsabilité politique de l'Etat, sans affaiblir, au regard de l'Eglise, sa responsabilité morale.

Elle ne compromet nullement les décentes et faciles commodités que les pratiquants habituels et les cultes euxmêmes refirent du système concordataire.

Elle ne touche point, en fait, aux traitements ecclésiastiques, si ce n'est pour leur ouvrir, probablement, dans nombre de communes, une possibilité d'amé- ' lioration»

Elle ne dégrade point la condition des ministres des cultes; elle ne fait pas d'eux des parias errants ou besogneux,et ; ne diminue même point leur nombre, encore que des arrangements, dits de « binage », puissent utilement intervenir, pour le service religieux de communes.pauyres qui se trouveraient voisines. . ' , /

Enfin,, elle rencontre, du jour où la loi serait votée, une organisation tout agencée, et, toute créée, une unité religieuse" éprouvée, ayant déjà par elle-i même un© existence propre, en même temps' "qu'un© accoutumance- de'vie communale : c'est la paroisse.

Les conditions supérieures de dignité et de correction du régime concordataire ne sont donc pasMétruites ni altérées. Et, cependant, un grand pas, un pas immense est fait vers un régime. nouveau, dont celui-ci n'est qu'une étape d'entraînement et comme une école préparatoire.

Est-il besoin, en effet, d'insister beauboup pour faire saisir la notable 'différence à établir, entre un desservant du culte appointé directement par la commune et le même desservant appointé par l'Etat?

. Le seul fait que celui qut paye, y futil obligé, est à vos côtés, contrôleur permanent de l'utilité de la dépense et de la valeur personnelle de celui qui la reçoit, modifie déjà sensiblement la nature des relations nécessaires entre les deux pouvoirs et les deux influences.

Il éclate ici un rapport si immédiat, si constant, si visible pour tous, entre le salaire et le service, que forcément les divers clergés, collectivités déjà si parfaitement méritantes en France, le deviendront plus encore par le progrès individuel et local de chacun de leurs membres.

De plus, la dépense directement communale, le centime des cultes, si l'on. veut l'appeler ainsi, sera un exercice gradué d'assouplissement du contribuable, à l'entretien personnel de son culte et du ministre de ce culte» Les forces contributives des fidèles feront, sous la tutelle de l'Etat, et ppur ainsi dire sous sa protection, une sorte d'essai loyal de la séparation à venir.

Et, lorsque le prêtre communal sera, par la force même des choses et dans son propre intérêt, amené à rechercher et à cultiver une conveuable harmonie, entre les habitants de sa paroisse d'une part, leurs mandataires directs au Conseil municipal d'autre part, et lui-même, il est bien vraisemblable que les sélections et les. mutations du personnel ecclésiastique seront dirigées, par les autorités religieuses, en raison de cette harmonie nécessaire et non point en raison de certai-^ nés nécessités de propagande ou de combat. .

En ce qui concerne les édifices des"

cultes, déjà sont établis dés rapports budgétaires assez étroits, entre la commune et la paroisse, entre le maire et le curé, entre le Conseil municipal et le conseil de fabrique. La commune est tenue de, ce. qu'on est convenu d'appeler les grosses réparations, tandis que les. dépenses de simple entretien incombent à la fabrique. Sur ce point, donc, la loi est, par celait, amorcée et quasi en vigueur, même avant que de naître.

Il va de soi, d'ailleurs, que la conservation artistique des monuments d'architecture religieuse est un devoir qui, de sa nature, incombe à l'Etat et ^demeurerait, comme précédemment, à sa charge, ainsi que les subventions gracieuses, à allouer aux communes trop pauvres pour la construction des édifices cultuels nécessaires, et l'aide temporaire à leur fournir, pour l'entretien de leur personnel religieux.

Sans doute, il y aurait, dans deux ou trois mille communes, au grand maximum, des palabres de mauvais goût au Conseil municipal, par les esprits forts de l'endroit, le jour où l'on y voterait le petit budget des cultes. Mais ces palabristes de profession, qui se croient les enfants ehéris du progrès, ne nous, feraient pas grâce-d'Une seule de leurs sottises, sous n'importe quel autre régime. C'est donc un petit fléau à subir, comme les moustiques et les puces, dont il faut prendre son parti.

Par contré, il ne sera point rare KÏ exceptionnel, de voir des Conseils municipaux, témoins immédiats et juges bienveillants de la vie que soutiennent si dignement les membres du clergé catholique, avec le traitement aujourd'hui dérisoire de 900 francs, apporter, par des allocations supplémentaires, un peu plus de bien-être au maigre foyer du desservant. ; .

Mais ces petits côtés satisfaisants ou seulement, rassurants du projet né doivent point nous faire perdre de vue l'argument transactionnel qu'il est susceptible d'apporter, à la fois auk libéraux que la séparation séduit sincèrement, et aux catholiques de bonne volonté, qui sont enclins à s'en alarmer:

C'est l'argument toujours puissant des solutions moyennes, c'est-à-

Georges .THI.ÉBAUD.

Contenu textuel de l'image : OPINIONS
Contenu textuel de l'image : VUim CDMM1IIALB
Contenu textuel de l'image : 7e<me propose d'indiquèricï unésortô îe contre-projet;de sëparatioiidesBgfi* jses et de l'Etat,
Contenu textuel de l'image : Gette indication ne peut être que très sommaire. Elle doit se borner à une Idée et à un simple croquis de son application pratique.
Contenu textuel de l'image : L'idée est de transférer, par mesure transitoire, du budget de l'Etat aux budgets communaux, les 42 millions annuellement affectés aux cultes..
Contenu textuel de l'image : C'est-à-dire de rayer du budget de l'Etat les traitements ecclésiastiques et les dépenses relatives aux édifices des cultes, pour les inscrire, respective^ nient et obligatoirement tout d'abord, aux dépenses municipales de chaque commune. t ■
Contenu textuel de l'image : Ce n'est pas à proprement parler la dénonciation du Concordat; ce n'est pas non plus la séparation totale, l'Etat demeurant le tuteur des communes. C'est un acheminement honorable, logique et gradué, par voie de transfert budgétaire, vers le régime des églises entretenues et subventionnées directement par leurs' fidèles.
Contenu textuel de l'image : C'est l'Eglise communale avant • l'Eglise libre.
Contenu textuel de l'image : Un tel projet ne saurait rencontrer ïa faveur de ceux qui attendent de la séparation « l'écrasement de l'Infâme».
Contenu textuel de l'image : Ceux-là sont des sectaires, à qui la liberté sert de masque et qui ne visent qu'à opprimer un culte, pour lui substituer celui qu'ils tiennent en réserve.
Contenu textuel de l'image : Mais, à côté de ces maniaques, bien, plus dangereux pour nous que pour l'Eglise — en ce sens qu'ils nous préparent, par leurs violences et leurs maladresses, une réaction religieuse dont il faudra peut-être sérieusement se garer — il y a des esprits ouverts aux améliorations grogressives du régime des cultes, à qui la séparation donne en perspective l'illusion de la liberté.
Contenu textuel de l'image : C'est à ceux-là qu'il convient de présenter tout d'abord cette conception si simple d'une transition aménagée et d'une solution mixte. \
Contenu textuel de l'image : Elle ne blesse en rien l'économie générale du Concordat, et les négociations avec le Saint-Siège ne revêtiraient, de ce chef, aucune apparence' d'hostilité ni de rupture.
Contenu textuel de l'image : Elle n'altère point le caractère de de! te nationale, primitivement imprimé' par la Constituante à la dotation du
Contenu textuel de l'image : culte catholique. Elle met seulement cette dette en coupures, et, en la fractionnant ainsi, par obligations dispersées dans le pays, elle atténue la responsabilité politique de l'Etat, sans affaiblir, au regard de l'Eglise, sa responsabilité morale.
Contenu textuel de l'image : Elle ne compromet nullement les décentes et faciles commodités que les pratiquants habituels et les cultes euxmêmes refirent du système concordataire.
Contenu textuel de l'image : Elle ne touche point, en fait, aux traitements ecclésiastiques, si ce n'est pour leur ouvrir, probablement, dans nombre de communes, une possibilité d'amé- ' lioration»
Contenu textuel de l'image : Elle ne dégrade point la condition des ministres des cultes; elle ne fait pas d'eux des parias errants ou besogneux,et ; ne diminue même point leur nombre, encore que des arrangements, dits de « binage », puissent utilement intervenir, pour le service religieux de communes.pauyres qui se trouveraient voisines. . ' , /
Contenu textuel de l'image : Enfin,, elle rencontre, du jour où la loi serait votée, une organisation tout agencée, et, toute créée, une unité religieuse" éprouvée, ayant déjà par elle-i même un© existence propre, en même temps' "qu'un© accoutumance- de'vie communale : c'est la paroisse.
Contenu textuel de l'image : Les conditions supérieures de dignité et de correction du régime concordataire ne sont donc pasMétruites ni altérées. Et, cependant, un grand pas, un pas immense est fait vers un régime. nouveau, dont celui-ci n'est qu'une étape d'entraînement et comme une école préparatoire.
Contenu textuel de l'image : Est-il besoin, en effet, d'insister beauboup pour faire saisir la notable 'différence à établir, entre un desservant du culte appointé directement par la commune et le même desservant appointé par l'Etat?
Contenu textuel de l'image : . Le seul fait que celui qut paye, y futil obligé, est à vos côtés, contrôleur permanent de l'utilité de la dépense et de la valeur personnelle de celui qui la reçoit, modifie déjà sensiblement la nature des relations nécessaires entre les deux pouvoirs et les deux influences.
Contenu textuel de l'image : Il éclate ici un rapport si immédiat, si constant, si visible pour tous, entre le salaire et le service, que forcément les divers clergés, collectivités déjà si parfaitement méritantes en France, le deviendront plus encore par le progrès individuel et local de chacun de leurs membres.
Contenu textuel de l'image : De plus, la dépense directement communale, le centime des cultes, si l'on. veut l'appeler ainsi, sera un exercice gradué d'assouplissement du contribuable, à l'entretien personnel de son culte et du ministre de ce culte» Les forces contributives des fidèles feront, sous la tutelle de l'Etat, et ppur ainsi dire sous sa protection, une sorte d'essai loyal de la séparation à venir.
Contenu textuel de l'image : Et, lorsque le prêtre communal sera, par la force même des choses et dans son propre intérêt, amené à rechercher et à cultiver une conveuable harmonie, entre les habitants de sa paroisse d'une part, leurs mandataires directs au Conseil municipal d'autre part, et lui-même, il est bien vraisemblable que les sélections et les. mutations du personnel ecclésiastique seront dirigées, par les autorités religieuses, en raison de cette harmonie nécessaire et non point en raison de certai-^ nés nécessités de propagande ou de combat. .
Contenu textuel de l'image : En ce qui concerne les édifices des"
Contenu textuel de l'image : cultes, déjà sont établis dés rapports budgétaires assez étroits, entre la commune et la paroisse, entre le maire et le curé, entre le Conseil municipal et le conseil de fabrique. La commune est tenue de, ce. qu'on est convenu d'appeler les grosses réparations, tandis que les. dépenses de simple entretien incombent à la fabrique. Sur ce point, donc, la loi est, par celait, amorcée et quasi en vigueur, même avant que de naître.
Contenu textuel de l'image : Il va de soi, d'ailleurs, que la conservation artistique des monuments d'architecture religieuse est un devoir qui, de sa nature, incombe à l'Etat et ^demeurerait, comme précédemment, à sa charge, ainsi que les subventions gracieuses, à allouer aux communes trop pauvres pour la construction des édifices cultuels nécessaires, et l'aide temporaire à leur fournir, pour l'entretien de leur personnel religieux.
Contenu textuel de l'image : Sans doute, il y aurait, dans deux ou trois mille communes, au grand maximum, des palabres de mauvais goût au Conseil municipal, par les esprits forts de l'endroit, le jour où l'on y voterait le petit budget des cultes. Mais ces palabristes de profession, qui se croient les enfants ehéris du progrès, ne nous, feraient pas grâce-d'Une seule de leurs sottises, sous n'importe quel autre régime. C'est donc un petit fléau à subir, comme les moustiques et les puces, dont il faut prendre son parti.
Contenu textuel de l'image : Par contré, il ne sera point rare KÏ exceptionnel, de voir des Conseils municipaux, témoins immédiats et juges bienveillants de la vie que soutiennent si dignement les membres du clergé catholique, avec le traitement aujourd'hui dérisoire de 900 francs, apporter, par des allocations supplémentaires, un peu plus de bien-être au maigre foyer du desservant. ; .
Contenu textuel de l'image : Mais ces petits côtés satisfaisants ou seulement, rassurants du projet né doivent point nous faire perdre de vue l'argument transactionnel qu'il est susceptible d'apporter, à la fois auk libéraux que la séparation séduit sincèrement, et aux catholiques de bonne volonté, qui sont enclins à s'en alarmer:
Contenu textuel de l'image : C'est l'argument toujours puissant des solutions moyennes, c'est-à-<iire.d'un essai surveillé, d'un essai .en/lisières de la marche des cultes, ainsi détachés du budget de l'Etat, mais noja tout -à fait séparés de l'Etat. .
Contenu textuel de l'image : Georges .THI.ÉBAUD.

Retour