COURRIER DE LA MODE

J'ai déjà essayé de réagir contre la mode consistant à habiller les enfants de soie, de velours, de plumes, de lampas et de dentelle ! Eh bien ! cette mode que je ne trouve pas bonne pour les jeunes enfants, parce que c'est une dépense mal placée, je la trouve tout à fait mauvaise quand elle s'applique aux jeunes filles. Mais, me direz-vous, vous décrivez souvent des toilettes toutes de velours et de satin pour enfants et jeunes filles. Oui, je les décris, mais surtout comme modèles, et je suis bien obligée de sacrifier à la mode et de dire ce qui se porte et ce qui se fait. C'est aux mamans à ne pas se laisser égarer par leur tendresse pour leurs chers bébés et à se persuader qu'en leur donnant des goûts simples, elles tripleront leur dot.

Quelques personnes m'ont demandé des renseignements sur la façon dont il faut habiller les jeunes filles de quatorze à seize ans que l'ont conduit dans des petites réunions de famille, qui commencent par une soirée musicale et se terminent par une sauterie, pour amuser les jeunes filles qui dansent, quelquefois entre elles, faute de cavaliers.

Rien ne serait plus aisé que de décrire quelques brillantes toilettes de peluche rose ou bleue, à la jupe bordée d'une fraîche guirlande de roses et au corsage de satin à camargo et ornements de dentelle et de fleurs.

Ce genre de toilette ne convient pas à cet âge, et si la tarlatane ne se démodait pas tous les ans davantage, c'est elle que je conseillerais pour habiller ces aimables adolescentes ; heureusement, on la remplace avantageusement par le voile qui peut, après la fête, se teindre en noir ou en une autre couleur et servir de robe d'uniforme ou de robe de tous les jours.

Le blanc est la couleur qui se prête le mieux à cette combinaison.

Le bleu et le rose sont également jolis, mais moins virginaux. Les bals blancs, si à la mode maintenant, permettent à toutes les jeunes filles d'être vêtues de cette jolie couleur, sans qu'on ait à craindre la rivalité de toilette.

La forme la plus élégante est la jupe plissée dans toute sa hauteur, avec large écharpe nouée, tenant au corsage. Ce dernier doit être à la vierge, avec fronces tout autour de l'encolure, s'il est fermé, et fronces devant. Il peut être aussi à petites basques, mais la forme blouse est plus jeune, serrée à la taille par un ruban n° 12, formant petit noeud sur le côté un peu en avant, à grands bouts tombant jusqu au bas de la jupe. Dans les cheveux, noeud de même ruban ou petit bouquet de marguerites, de muguets, de fleurs des champs ou de myosotis.

Le même bouquet peut passer dans la ceinture en : mariée de village.

Très peu de bijoux, un porte-bonheur ou un bracelet d'argent, pas de boucles d'oreille, une

croix ou un médaillon, ou, ce que je préfère, un simple ruban étroit, noué devant en flot. Si c'est un grand bal et que la laine puisse paraître un peu simple, il faut la remplacer par le tulle uni, toujours plissé ; une jeune fille bien élevée ne doit pas se décolleter avant l'âge de dix-sept à dix-huit ans. Le corsage de tulle sera donc montant et le dessous modestement décolleté.

Les bras seront nus sous les manches de tulle s'arrôtant au coude.

Mêmes observations pour les fleurs et les bijoux. Dans l'une ou l'autre circonstance, bas de fil très fin, blancs, à jours ou brodés ; pas de bas de soie surtout ; souliers de satin en chevreau blanc.

La robe doit tomber juste â la hauteur de la cheville. La coiffure doit être très simple, quoique élégante. Le mieux est de friser tous les cheveux et de les laisser retomber en arrière de toute leur longueur, en relevant les côtés sur le sommet de la tête par un petit peigne que l'on cache ensuite par le noeud ou le bouquet, voire même par une touffe de frisures. Une jeune personne ainsi vêtue sera toujours trouvée charmante, je l'affirme.

Cela ne m'empêchera pas, cependant, d'indiquer des toilettes de jeunes fines beaucoup plus riches quand j'en aurai l'occasion ; certains pays et certaines sociétés ne se contentant pas de cette simplicité toute française. Blanche DE GÉRT.

Contenu textuel de l'image : COURRIER DE LA MODE
Contenu textuel de l'image : J'ai déjà essayé de réagir contre la mode consistant à habiller les enfants de soie, de velours, de plumes, de lampas et de dentelle ! Eh bien ! cette mode que je ne trouve pas bonne pour les jeunes enfants, parce que  c'est une dépense mal placée, je la trouve tout à fait mauvaise quand elle s'applique aux jeunes filles. Mais, me direz-vous, vous décrivez souvent des toilettes toutes de velours et de satin pour enfants et jeunes filles. Oui, je les décris, mais surtout comme modèles, et je suis bien obligée de sacrifier à la mode et de dire ce qui se porte et ce qui se fait. C'est aux mamans à ne pas se laisser égarer par leur tendresse pour leurs chers bébés et à se persuader qu'en leur donnant des goûts simples, elles tripleront leur dot.
Contenu textuel de l'image : Quelques personnes m'ont demandé des renseignements sur la façon dont il faut habiller les jeunes filles de quatorze à seize ans que l'ont conduit dans des petites réunions de famille, qui commencent par une soirée musicale et se terminent par une sauterie, pour amuser les jeunes filles qui dansent, quelquefois entre elles, faute de cavaliers.
Contenu textuel de l'image : Rien ne serait plus aisé que de décrire quelques brillantes toilettes de peluche rose ou bleue, à la jupe bordée d'une fraîche guirlande de roses et au corsage de satin à camargo et ornements de dentelle et de fleurs.
Contenu textuel de l'image : Ce genre de toilette ne convient pas à cet âge, et si la tarlatane ne se démodait pas tous les ans davantage, c'est elle que je conseillerais pour habiller ces aimables adolescentes ; heureusement, on la remplace avantageusement par le voile qui peut, après la fête, se teindre en noir ou en une autre couleur et servir de robe d'uniforme ou de robe de tous les jours.
Contenu textuel de l'image : Le blanc est la couleur qui se prête le mieux à cette combinaison.
Contenu textuel de l'image : Le bleu et le rose sont également jolis, mais moins virginaux. Les bals blancs, si à la mode maintenant, permettent à toutes les jeunes filles d'être vêtues de cette jolie couleur, sans qu'on ait à craindre la rivalité de toilette.
Contenu textuel de l'image : La forme la plus élégante est la jupe plissée dans toute sa hauteur, avec large écharpe nouée, tenant au corsage. Ce dernier doit être à la vierge, avec fronces tout autour de l'encolure, s'il est fermé, et fronces devant. Il peut être aussi à petites basques, mais la forme blouse est plus jeune, serrée à la taille par un ruban n° 12, formant petit noeud sur le côté un peu en avant, à grands bouts tombant jusqu au bas de la jupe. Dans les cheveux, noeud de même ruban ou petit bouquet de marguerites, de muguets, de fleurs des champs ou de myosotis.
Contenu textuel de l'image : Le même bouquet peut passer dans la ceinture en : mariée de village.
Contenu textuel de l'image : Très peu de bijoux, un porte-bonheur ou un bracelet d'argent, pas de boucles d'oreille, une
Contenu textuel de l'image : croix ou un médaillon, ou, ce que je préfère, un simple ruban étroit, noué devant en flot. Si c'est un grand bal et que la laine puisse paraître un peu simple, il faut la remplacer par le tulle uni, toujours plissé ; une jeune fille bien élevée ne doit pas se décolleter avant l'âge de dix-sept à dix-huit ans. Le corsage de tulle sera donc montant et le dessous modestement décolleté.
Contenu textuel de l'image : Les bras seront nus sous les manches de tulle s'arrôtant au coude.
Contenu textuel de l'image : Mêmes observations pour les fleurs et les bijoux. Dans l'une ou l'autre circonstance, bas de fil très fin, blancs, à jours ou brodés ; pas de bas de soie surtout ; souliers de satin en chevreau blanc.
Contenu textuel de l'image : La robe doit tomber juste â la hauteur de la cheville. La coiffure doit être très simple, quoique élégante. Le mieux est de friser tous les cheveux et de les laisser retomber en arrière de toute leur longueur, en relevant les côtés sur le sommet de la tête par un petit peigne que l'on cache ensuite par le noeud ou le bouquet, voire même par une touffe de frisures. Une jeune personne ainsi vêtue sera toujours trouvée charmante, je l'affirme.
Contenu textuel de l'image : Cela ne m'empêchera pas, cependant, d'indiquer des toilettes de jeunes fines beaucoup plus riches quand j'en aurai l'occasion ; certains pays et certaines sociétés ne se contentant pas de cette simplicité toute française. Blanche DE GÉRT.

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