CAUSERIE

SUR LES

PRODUITS ANTI-BOURGEOIS

Ayant fait un appel dernièrement à nos lecteurs pour qu'ils nous communiquent tous les détails qui pourraient être utiles à la fabrication des produits antibourgeois, cet appel étant resté sans réponse, nous devons expliquer pourquoi nous l'avons fait, et quelle est l'importance que nous y attachons.

Nous aurions voulu, à l'aide des renseignements que nous aurions pu réunir, former un petit manuel de chimie, qui puisse mettre chacun à même de's'essayer à cette fabrication, facilement et sans danger, et les mettre ainsi à même de se procurer tous les produits dont ils pourraient avoir besoin, sans avoir à aller chercher le secours de personne, c'est ce que nous pensons avoir fait pour la fabrication de la nitro-glycérine, le fulminate et le genre de bombes dont nous avons donné la description (1).

Car, il peut arriver qu'un compagnon trouve le moyen ou ait la facilité de placer utilement ; un de ces produits, il est évident qu'il courra bien moins de dangers d'être découvert s'il peut fabriquer lui-même tout ce dont il aura besoin, tandis que s'il est forcé d'en mettre plusieurs dans le secret, il reculera peutêtre à le faire, où il aura toujours à craindre les indiscrétions ; on voit de suite l'utilité de cette publication.

Cette publication a encore l'avantage d'éviter les tâtonnements à ceux qui veulent se livrer à ce genre de propagande, en les mettant au courant des progrès accomplis par ceux qui seraient plus avancés ; comme par le temps qui court, la misère allant progressant, et le travail en diminuant, on peut s'attendre à une période de troubles, de manifestations, etc. On voit d'ici l'utilité qu'il y aurait à avoir une certaine provision de ces produits, que l'on pourrait distribuer dans la foule à un moment donné.

Ainsi, on sait que ce qui nous manque pour la propagande, c'est l'argent. Supposons qu'une manifestation , dans le genre de celle du 9 mars se produise, et qu'un groupe de compagnons, décidés à se procurer de l'argent quand même, réussissent à entraîner la foule à l'endroit où ils sauraient devoir trouver ce qu'il leur faut, et la décident à piller une banque ou un agent de change, en place d'une boulangerie, on voit d'ici l'utilité d'avoir une provision de ces produits que l'on ferait courir dans la foule, pour résister et protéger la fuite une fois le coup fait, et de les avoir d'avance pour ne pas être surpris par les circonstances.

Un conseil en passant à ceux qui voudraient se livrer à cette fabrication — non garantie du gouvernement — il faut d'abord ne pas être plus de trois ou quatre ensemble, éviter des confidences à ceux dont on n'a nullement besoin du concours, chose que l'on est trop porté à faire, que les lieux de fabrication et dépôt des produits fabriqués soient chez des compagnons dont les idées ne sont pas connues, et qui auraient la précaution de se tenir à l'abri de toute ba%

Il faudrait encore qu'il n'y en ait qu'un, de ces trois ou quatre, qui fréquente les groupes, afin de se tenir au courant du mouvement, pouvoir en tirer de l'argent au besoin, mais ne jamais agir, de façon à ne pas attirer l'attention sur lui, et ne se faire connaître pas plus qu'il ne faudrait.

Ceci bien expliqué, nous espérons donc que ceux qui auront des améliorations ou des recettes nouvelles, voudront bien nous les envoyer afin d'activer le courant qui porte beaucoup de compagnons sur ces études ; pour notre part, nous avons lu quelque part une recette pour rendre la dynamite 50 0/0 plus forte, la voici : prendre du coton-poudre et le réduire en une espèce de gomme au moyen de l'alcool méthylique (esprit de bois), une fois que l'on a obtenu cette espèce de gomme on la sature avec la nitro-glycérine, et on obtient un produit qui, paraît-il, comme nous venons de le dire, est 50 0/0 plus fort que la dyna• mite ordinaire, et n'offre pas plus de dangers.

Maintenant, plusieurs compagnons se trouvent arrêtés par l'idée qu'il est très dangereux de se livrer à ces manipulations, quand on n'est pas au courant ;pour notre part, nous avons essayé, ne possédant aucune connaissance chimique d'après les recettes à la diable que nous avons pu ramasser à droite et à gauche, nous ne nous sommes aperçus d'aucun danger, il n'y a que quelques maux de tête à attraper pour opérer, on n'a qu'à avoir soin de respirer le moins possible des vapeurs qui se dégagent ; au besoin, on se met sous le nez un linge trempé dans de l'eau coupée d'ammoniaque; pour plus de sûreté on n'opère que sur des petites quantités.

Maintenant, pour faire détonner la dynamite, nous l'avons dit, il faut des amorces chargées de 1 gr. de fulminate, mais s'il fait bien froid, que la dynamite soit gelée, de même si on l'emploie humide, il faut forcer la charge de fulminate jusqu'à 1 gr. et demi.

(1) A. propos de ces bombes, nous avons réfléchi qu'il ne serait pas toujours facile de faire fabriquer des cheminées pour appliquer autour; comme notre seule préoccupation est de fournir à chacun les moyens d'agir par soi même, il y aurait à essayer un autre moyen pour provoquer l'explosion.

Voici ce que l'on pourrait essayer : comme la bombe est chargée au chlorate, on pourrait la faire traverser par un tube en verre rempli d'acide sulfarique, et qui se brise - rait par suite du choc ; il y aurait deux moyens is à essayer pour provoquer le bris du tube : d'abord placer une bague en plomb au milieu de sa longueur, ou bien encore enfoncer, tout le tour de la bombe, un certain nombre de pointes en acier, disposées de manière que la bombe soit forcée de tomber sur l'une ou l'autre de ces pointes, et qui dépasseraient dehors d'un centimètre, et iraient à l'intérieur porter sur ce tube, de manière qu'en tombant, cette pointe, en s'enfonçant, briserait le tube.

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Contenu textuel de l'image : Nous aurions voulu, à l'aide des renseignements que nous aurions pu réunir, former un petit manuel de chimie, qui puisse mettre chacun à même de's'essayer à cette fabrication, facilement et sans danger, et les mettre ainsi à même de se procurer tous les produits dont ils pourraient avoir besoin, sans avoir à aller chercher le secours de personne, c'est ce que nous pensons avoir fait pour la fabrication de la nitro-glycérine, le fulminate et le genre de bombes dont nous avons donné la description (1).
Contenu textuel de l'image : Car, il peut arriver qu'un compagnon trouve le moyen ou ait la facilité de placer utilement ; un de ces produits, il est évident qu'il courra bien moins de dangers d'être découvert s'il peut fabriquer lui-même tout ce dont il aura besoin, tandis que s'il est forcé d'en mettre plusieurs dans le secret, il reculera peutêtre à le faire, où il aura toujours à craindre les indiscrétions ; on voit de suite l'utilité de cette publication.
Contenu textuel de l'image : Cette publication a encore l'avantage d'éviter les tâtonnements à ceux qui veulent se livrer à ce genre de propagande, en les mettant au courant des progrès accomplis par ceux qui seraient plus avancés ; comme par le temps qui court, la misère allant progressant, et le travail en diminuant, on peut s'attendre à une période de troubles, de manifestations, etc. On voit d'ici l'utilité qu'il y aurait à avoir une certaine provision de ces produits, que l'on pourrait distribuer dans la foule à un moment donné.
Contenu textuel de l'image : Ainsi, on sait que ce qui nous manque pour la propagande, c'est l'argent. Supposons qu'une manifestation , dans le genre de celle du 9 mars se produise, et qu'un groupe de compagnons, décidés à se procurer de l'argent quand même, réussissent à entraîner la foule à l'endroit où ils sauraient devoir trouver ce qu'il leur faut, et la décident à piller une banque ou un agent de change, en place d'une boulangerie, on voit d'ici l'utilité d'avoir une provision de ces produits que l'on ferait courir dans la foule, pour résister et protéger la fuite une fois le coup fait, et de les avoir d'avance pour ne pas être surpris par les circonstances.
Contenu textuel de l'image : Un conseil en passant à ceux qui voudraient se livrer à cette fabrication — non garantie du gouvernement — il faut d'abord ne pas être plus de trois ou quatre ensemble, éviter des confidences à ceux dont on n'a nullement besoin du concours, chose que l'on est trop porté à faire, que les lieux de fabrication et dépôt des produits fabriqués soient chez des compagnons dont les idées ne sont pas connues, et qui auraient la précaution de se tenir à l'abri de toute ba%
Contenu textuel de l'image : Il faudrait encore qu'il n'y en ait qu'un, de ces trois ou quatre, qui fréquente les groupes, afin de se tenir au courant du mouvement, pouvoir en tirer de l'argent au besoin, mais ne jamais agir, de façon à ne pas attirer l'attention sur lui, et ne se faire connaître pas plus qu'il ne faudrait.
Contenu textuel de l'image : Ceci bien expliqué, nous espérons donc que ceux qui auront des améliorations ou des recettes nouvelles, voudront bien nous les envoyer afin d'activer le courant qui porte beaucoup de compagnons sur ces études ; pour notre part, nous avons lu quelque part une recette pour rendre la dynamite 50 0/0 plus forte, la voici : prendre du coton-poudre et le réduire en une espèce de gomme au moyen de l'alcool méthylique (esprit de bois), une fois que l'on a obtenu cette espèce de gomme on la sature avec la nitro-glycérine, et on obtient un produit qui, paraît-il, comme nous venons de le dire, est 50 0/0 plus fort que la dyna• mite ordinaire, et n'offre pas plus de dangers.
Contenu textuel de l'image : Maintenant, plusieurs compagnons se trouvent arrêtés par l'idée qu'il est très dangereux de se livrer à ces manipulations, quand on n'est pas au courant ;pour notre part, nous avons essayé, ne possédant aucune connaissance chimique d'après les recettes à la diable que nous avons pu ramasser à droite et à gauche, nous ne nous sommes aperçus d'aucun danger, il n'y a que quelques maux de tête à attraper pour opérer, on n'a qu'à avoir soin de respirer le moins possible des vapeurs qui se dégagent ; au besoin, on se met sous le nez un linge trempé dans de l'eau coupée d'ammoniaque; pour plus de sûreté on n'opère que sur des petites quantités.
Contenu textuel de l'image : Maintenant, pour faire détonner la dynamite, nous l'avons dit, il faut des amorces chargées de 1 gr. de fulminate, mais s'il fait bien froid, que la dynamite soit gelée, de même si on l'emploie humide, il faut forcer la charge de fulminate jusqu'à 1 gr. et demi.
Contenu textuel de l'image : (1) A. propos de ces bombes, nous avons réfléchi qu'il ne serait pas toujours facile de faire fabriquer des cheminées pour appliquer autour; comme notre seule préoccupation est de fournir à chacun les moyens d'agir par soi même, il y aurait à essayer un autre moyen pour provoquer l'explosion.
Contenu textuel de l'image : Voici ce que l'on pourrait essayer : comme la bombe est chargée au chlorate, on pourrait la faire traverser par un tube en verre rempli d'acide sulfarique, et qui se brise - rait par suite du choc ; il y aurait deux moyens is à essayer pour provoquer le bris du tube : d'abord placer une bague en plomb au milieu de sa longueur, ou bien encore enfoncer, tout le tour de la bombe, un certain nombre de pointes en acier, disposées de manière que la bombe soit forcée de tomber sur l'une ou l'autre de ces pointes, et qui dépasseraient dehors d'un centimètre, et iraient à l'intérieur porter sur ce tube, de manière qu'en tombant, cette pointe, en s'enfonçant, briserait le tube.
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