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620 LA REVUE LYONNAISE place dans la bibliothèque de la famille, je citerai au premier rang 1 e prreen volume de Mmo Henry Gréville. Perdve n'est point un livre nouveau. C'est l'his- toire simple et touchante d'une pauvre petite fille qui demeure seule, sa mère moi te et son père embarqué pour l'Amérique sans savoir ce qu'elle était deve- nue. L'auteur nous émeut profondément en nous faisant la peinture vraie des tribulations endurées par la pauvrette, en nous dépeignant ces gens qu'un bon mouvement porte d'abord à faire une bonne action, mais qui font ensuite bien durement expier par leurs mille petites vexations les services qu'ils ont pu ren- dre. L'histoire se termine heureusement par le retour du père et le mariage de la charmante Marcelle. Ce roman avait eu beaucoup de succès lors de son apparition. C'est ce qui a donné à l'éditeur Pion l'idée de lui consacrer une belle édition illustrée. Il a fait appel au talent d'un artiste bien connu, M. Frédéric Régamey, qui en a émaillé les pages de nombreuses gravures,et de fines vignettes, d'une exécution remarquable, représentant les.scènes les plus remarquables de l'ouvrage. Ces qualités réunies constituentun volume des plus intéressants, et qui ne peu manquer d'obtenir toute la voguequ'il mérite. CH. LAVENIR. VIEILLES CHANSONS ET RONDES pour les petits enfants, notées avec des accompagnements faciles, par CH.-M. WIDOR. Illustrations de M. BOUTET DE MONVEL. — Paris. Librairie Pion, 1884. Mesdemoiselles et Messieurs les bébés, voulez-vous en croire quelqu'un qui vous aime beaucoup ? Lorsque papa ou maman vous demanderont quel joli livre d'images vous voudriez que le petit Jésus vous apportât, descendant du ciel, pen- dant la nuit de Noël, c'est celui-ci qu'il faudra choisir. Vous y trouverez toutes ces gentilles chansons, toutes ces rondes que vous chanterez ensuite au printemps, en dansant sur la place Bellecour ou dans les allées sablée du Parc. M. Widor a écrit exprès pour vous des accompagnements : si vous n'étiez pas contents de votre compositeur, c'est que vous seriez terriblement difficiles, plus difficiles que les abonnés de l'Opéra. Et pour ne pas trouver délicieuses les jolies images, les délicieux encadrements en couleur qu'a dessinés M. Boutet de Mouvel, il faudrait que vous fussiez aveugles ou de vrais petits monstres d'ingratitude, ce que pour ma part, en voyant briller vos grands yeux et fleurir Vos bouches roses, je me refuse absolument à croire. CH. LAVENIR.