Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
162                     LA REVUE LYONNAISE
 1
    Toutefois, cette création du Sallon des Arts était un écho pari-
 sien. A cette même époque, s'ouvrit au Palais Royal, dans la capi-
 tale, un Lycée, destiné à servir de complément à l'éducation
 ébauchée dans les collèges pour les garçons; dans les couvents où
 dans la famille pour les filles, lieu de réunion et d'émulation, où
des leçons, des lectures, des conférences, des expériences, seraient
faites par des professeurs bénévoles et compétents, sur toutes les
branchés des lettres, des sciences et des arts.
    Le programme était vaste ; il est probable que le Lycée du Palais
Royal, Collège de France au petit pied, s'y serait noyé, si la Ré-
volution n'eût jeté à bas nombre de fondations moins éphémères
que celle-là.
   Je retiens cependant de ce programme une phrase typique :
« Après les nourrices, dit l'auteur, il faut des sevreuses. » Les
Lycées de Paris et de Lyon devaient, dans la pensée de leurs fon-
dateurs, remplir ce dernier office, et émanciper les nourrissons
des Muses et des Arts. Le reste du programme parisien était con-
 forme à celui qui fut adopté à Lyon pour le Sallon des Arts.
    Sans vouloir faire ici un résumé même succinct, de l'histoire de
l'enseignement artistique et industriel à Lyon, je rappellerai seu-
lement qu'à peu près à cette époque, en 1787, l'abbé Bertholon, cet
esprit ingénieux et éclairé, préconisait déjà, dans son livre du
Commerce et des manufactures distinclïces de la ville de Lyon,
la fondation d'une école de commerce, avec enseignement de la
chimie, de la mécanique, avec des cours de dessin, de peinture,
une chaire de commerce, une autre de botanique, de zoologie.
 . Tous ces projets, toutes ces généreuses et patriotiques intentions
furent emportées parla crise révolutionnaire, et cependant, au
lendemain de la Terreur, en 1796, au conseil des Cinq Cents, le
représentant du peuple, Coupé, disait au nom de la commission
dont il était le rapporteur : « Nous avons à rétablir à Lyon, dans
sa splendeur, son école de dessin, et à réunir à l'étude du modèle,
de la fleur, de l'ornement, celle de la méchanique et surtout celle
de la chymie des couleurs *. »
   Daunou, Mayeuvre, Coupé et Heurtaut-Lamerville avaient été

 1
     Rondot. VEnseignement   nécessaire à l'industrie de la soiet 1877, 4. p. 13.