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             A LA FRANGE


0 France, je voudrais te dire un chant de fête,
Un de ces chants qui font, à la voix du poète,
Frémir d'enthousiasme un peuple généreux.
Mais, hélas ! ta blessure est à peine fermée,
Et tu gardes encor, ô France bien-aimée,
Le triste souvenir d'un passé douloureux.

Le temps n'est pas venu des chants joyeux, ô France.
Mais je puis aujourd'hui te parler d'espérance,
Car, si ta gloire dort, je'crois à son réveil.
Combien de fois déjà le ciel pour toi fut sombre !
Mais l'orage passait, et Dieu, dissipant l'ombre,
Sur toi faisait briller un radieux soleil.

Il en sera de même aujourd'hui. La tempête,
Horrible et rugissante, a passé sur ta tête,
Couvrant champs et cités de ses noirs tourbillons.
Eh bien! vois. Tes cités relèvent leurs ruinés;
Tes arbres ont poussé de nouvelles racines ;
Et le blé germe, croît et couvre tes sillons.

En mai, comme autrefois, les fleurs jaunes et blanches
Emailleront tes prés. Les oiseaux sur les branches
Rediront leurs concerts pour fêter les beaux soirs.