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38 LA R E V U E LYONNAISE sûr ; la comparaison ne la dément pas, mais elle est courte ; et l'histoire défaille un peu beaucoup. Il faudrait savoir comment s'ap- pelait le Bourg-Chanin de Lyonavantle treizième siècle. Si d'infor- tune, le nom n'avait {été inventé que bien après l'invasion bur- gonde, tout l'édifice serait par terre. Il serait encore indispensa- ble de savoir l'histoire des Bourg-Chanin de la campagne ; celle du Ghaneins de la Bresse. Alors on serait éclairci, jusque-là l'on sera dans les « conditionales », lesquelles en dialectique, reçoivent toutes contradictions et impossibilités. « Si mon mulet transalpin voloit, mon mulet transalpin auroit ailes. » — Sans doute, mais vole-t-il ? Si j'ai succédé à appeler l'attention des érudits sur ce point, ce sera déjà quelque chose. Ils reprendront .un travail que je suis em- pêché d'achever par plusieurs raisons : la première c'est faute de savoir. Elle me dispense des autres. Et que l'excellent et érudit baron Raverat me pardonne d'avoir pris licence de jeter quelques petits graviers dans son jardin. Dieu! quelles meules de moulin ne pourrait-il pas jeter dans le mien! P U I T S PELU Lyonnais. P.-S. Là ! j'avais raison. Quand je vous le disais, que M. Guigue devait savoir comment s'appelait Ghaneins au moyen âge ! Il m'é- crit qu'il s'appelait Charmes, Chanens et Channens, soit en latin, soit en français, dans des textes qui ne remontent que jusqu'au treizième siècle. De ceci il résulte : 1° Que les règles euphoniques indiquées plus haut reçoivent ri- goureusement leur application. Ein est bien venu de en et non de in. Si l'on avait pu remonter plus haut que le treizième siècle, on aurait retrouvé le o primitif : Cannens au lieu de Channens. 2° Que la question ne peut être formellement tranchée, de savoir si Ghaneins vient de Canna, Cannenses, ou bien de Canens blanc, blanchissant. La forme Channens, par deux n, fait pencher pour cannense,