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sources, prendre partout et emprunter à toutes les sciences. Toutes les
fois qu'elle trouve une découverte où l'interprétation d'un phénomène,
elle doit s'en emparer, de quelque part qu'il lui vienne : elle ne doit rien
refuser, rien repousser sous le prétexte frivole qu'il appartient à la chimie,
à la physique, à l'hydraulique, etc. Elle ne doit point se renfermer dans
un coin de la science ; elle doit tout voir ce qui la sert, tout adopter ce qui
conduit à la vérité ; c'est de cette manière qu'elle s'enrichit et qu'elle se
tient à la hauteur de sa destinée... ».
     Puis une Introduction expose les différences entre les corps organisés
et les corps inorganiques, les différences entre les animaux et les végétaux,
la composition du corps humain.
     Puis vient un chapitre De la Vie et du Principe vital. Il complète ses
explications précédentes :
      « Qu'est-ce que la vie ? d'où vient-elle ? comment agit-elle ? pour-
quoi nous quitte-t-elle ? que devient ce principe insaisissable ? Comme
on le voit ce mot heureux (la vie) créé pour voiler notre ignorance, élude
la question et ne la résout pas. Disons mieux : en s'arrêtant là, la question
n'en serait que plus obscure, parce que la vie, ainsi envisagée, ne serait
que l'effet des organes mis en jeu et qu'elle nous laisserait toujours ignorer
quelle est la cause première qui donne le mouvement à toute l'économie.
Il y a donc un principe en dehors de nos organes qui vient leur donner
l'impulsion indispensable à l'exécution de leurs fonctions. L'animation
du corps est un effet. Or, tout effet suppose une cause et la cause est aussi
réelle que l'effet qu'elle produit. L'organe a donc besoin d'être animé pour
agir ; s'il ne l'était pas, il ne pourrait pas agir, il ne serait rien qu'une pure
inertie. Ces deux choses, force et organe, animation et organisation, agré-
gat et dynamie, sont inséparables dans le corps vivant ; elles naissent,
croissent et meurent ensemble, mais elles ne sont point identiques : l'or-
gane n'est point la force, la force n'est point l'organe comme l'ont pré-
tendu quelques physiologistes... ».
     Brachet, d'ailleurs, ne se fait pas d'illusion sur la difficulté d'une
science qui demande à celui qui s'y voue un esprit capable de s'élever à la
compréhension de la nature de la vie :
      « ...La difficulté de saisir cette causalité, c'est-à-dire de rattacher