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« Nous osons croire encore que notre témoignage est celui de la vérité ;
que le gouvernement le recevra favorablement, et que le brave général, si
digne d'inspecter, d'instruire, de commander dans les armées, obtiendra
une prompte justice. Tel est notre vœu bien sincère, bien fondé ; telle est
la volonté du Directoire exécutif, nous le présumons. — Respect et dévoue-
ment ».
Montchoisy avait escompté un heureux effet de la manifestation hono-
rable, mais maladroite, ainsi faite en sa faveur par ses compagnons d'armes.
Il avait, d'autre part, été invité par le Ministre de la guerre à fournir au
gouvernement d'amples explications sur son attitude et ses sentiments. Il
s'attendait naïvement à être appelé à Paris pour s'y justifier ou, tout au
moins, pour y recevoir une affectation compensatrice. Il prolongeait donc
son séjour à Lyon, ne sachant, disait-il, dans l'incertitude où il était, s'il
devait ou non se défaire de son personnel domestique et de ses équipages de
guerre.
Le 29 prairial encore, il adressait de cette ville au Directoire une lettre
aussi digne que fière qu'il croyait correspondre aux intentions du ministre
Petiet.
« Vous m'avez destitué, Citoyens Directeurs — y disait-il — sur les
rapports mensongers et perfides des anarchistes, vos plus cruels ennemis ;
mais, depuis cette époque, la vérité a dû vous parvenir de toutes parts ; des
milliers d'habitants probes et vertueux, des autorités non suspectes ; enfin
les militaires de tous grades qui sont dans cette place vous ont donné sur
cette journée des détails circonstanciés et de la plus exacte vérité. Je n'ai
donc rien à y ajouter pour ma justification, et j'ose espérer que les exécra-
bles ennemis du gouvernement, qui ont surpris votre religion, en vous
portant à me destituer sans l'avoir mérité, n'auront pas la satisfaction de
voir que leurs fausses et abominables calomnies l'ont emporté sur la vérité,
l'exacte vérité, présentée par tous les hommes probes et vertueux qui habi-
tent cette ville et confirmée par les défenseurs de la patrie qui n'ont jamais
su que battre les ennemis et rendre justice à ceux qui la méritent ».
Et Montchoisy mettait en parallèle la conduite de ses détracteurs avec
toute sa vie militaire depuis les premiers jours de la Révolution. Il faisait le
récit de ses services, attestait l'empressement qu'il avait mis à accepter la