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trois maisons, que Gabriel, l'un de ses descendants, fit construire, en
1718, celle qu'on voit aujourd'hui ; ainsi, par une Circonstance rare, sa
famille a occupé pendant deux siècles le même emplacement sur lequel
il s'était établi quatre jours après son arrivée dans Genève.
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9 Quand il y fut logé il n'y resta pas oisif ; dès le 19 9be il avait présenté
requête pour avoir la permission d'imprimer à Genève, et sa requête lui
ayant été accordée, il fit tout de suite élever son imprimerie qu'il avait fait
partir de Lyon avant lui, et dès le 4 Xbe suivant il fut en état de Commencer
à imprimer Quod felix faustumque sit hoc die coepi Genevce, in cedibus Du
Galianis, editionem placitorum curialium a Papoue collectorum. « J'ai com-
mencé cejourd'hui, dans la maison Du Galis, l'édition des Arrêts Notables,
recueillis par Papon ; Dieu veuille que ce soit sous d'heureux auspices ». Ce
Jean Papon était un célèbre jurisconsulte de ce siècle, né à Montbrison en
Forez, en 1505, et qui mourut en 1590 ; il avait composé divers ouvrages
que de Tournes avait déjà imprimés à Lyon ; il y avait même fait, en peu
d'années, cinq éditions de ces arrêts, mais aujourd'hui il ne jouit plus
de la même célébrité que dans son temps, et il est oublié de même que
ses arrêts (v. p. 43),
Jean de Tournes fut ensuite reçu habitant le 15 Février 1587, et, quand
il eût renoncé à toute idée de retourner dans son ancienne patrie, il deman-
da et obtint la bourgeoisie le 19 Janvier 1596, et puis il fut élu membre du
voir lettre 200 en 1604 ; il acheta depuis lors (en 1606) de M. Noël, apothicaire, une
M. Bigot, 8 Campagne à Champel, mais elle n'est pas restée longtemps dans sa famille.
xbe i6I3. g a v>e^ e n s u j t e j n'0ffre pi u s aucun événement particulier. Il mourut à Genè-
ve en 1615 ; son fils dit, dans son journal « qu'il mourut ayant été affligé d'une
dyssentene qu'il prit d'un regret qu'il eût Contre un Sien Valet et Servante qui
ne s'étaient pas comportés sagement ». Mais, comme il était âgé de 76 ans, il
n'est pas besoin de chercher une autre cause de sa mort, sans cela l'on ne
saurait de quoi s'étonner le plus, ou de ce qu'un homme si raisonnable se fut
si fort emporté pour une pareille bagatelle, ou de ce que cet emportement
lui eût causé une dyssenterie.
Il s'était marié quatre fois : i° avec Marie Huguetan, morte en
1564. 2° avec Louise Darue en 1565. 3 0 avec Philiberte Merlin en 1573,
et enfin avec Sara de la Chanaz en 1582 ; mais il n'eût d'enfants que