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Richard, tout l'espace compris entre les rues Sala, Saint-François-de-Sales, Sainte-
Hélène et Saint-Joseph représentant une superficie de douze mille neuf cent soixante
mètres carrés environ. Les bâtiments se trouvaient vers la rue Sala ; en 1828, en
creusant les fondations de la gendarmerie actuelle, on trouva la première pierre de
l'église à l'angle de cette rue et de la rue Saint-François-de-Sales ; elle portait la date
du mois de mai 1624. A l'autre angle de la rue Saint-François-de-Sales se trouvait la
petite maison du jardinier qui veillait à l'entretien des vignes et des vergers de la
communauté. Tel est le décor que nous rappellent aujourd'hui certaines petites villes
de province qui ont pu conserver ces larges espaces où la cité et la campagne se
confondent.
      L'état de santé de saint François de Sales avait beaucoup empiré durant ces deux
années 1621 et 1622. « Toutes ses incommodités redoublèrent, dit sainte Chantai dans
sa Déposition pour le procès de Béatification, il pâtissait de violentes douleurs d'esto-
mac, de reins et de tête, des douleurs et faiblesses de jambes qu'il eut même ouvertes ;
il avait des lassitudes si grandes qu'il faisait pitié de le voir marcher et plusieurs autres
incommodités que l'on n'a pas sues, lesquelles toutes il couvrait tant qu'il pouvait, ne
changeant point de vie, de façon ni de visage ; l'on connaissait seulement à sa couleur
quand il se trouvait mal ; car il ne prenait point le lit pour de telles incommodités ;
ains seulement pour les grosses maladies ».
       Aussi quand il reçut l'ordre du duc de Savoie qui lui mandait de venir le rejoindre
en Avignon pour complimenter Louis XIII de son triomphe sur les Huguenots du
midi de la France, ses amis voulurent l'empêcher de partir. La princesse de Piémont,
dont il était aumônier, désirait ce voyage. Lui-même espérait obtenir du roi de France
certains privilèges pour la région de son diocèse qui faisait partie de ce royaume.
Toutefois, il avait le pressentiment que « ce voyage serait suivi d'un autre », aussi, le
6 novembre, il lut son testament à ses frères ; le 7, il fit une confession générale et le 8,
il fit à ses amis, et aux sœurs de la Visitation ses suprêmes recommandations et se mit en
route pour gagner le Rhône à Seyssel. « Le dernier hiver de sa vie, j'ai ouï dire à ses
domestiques, déclare encore sainte Chantai, qu'il ne voulut point qu'on lui donnât ni
fins d'habits, comme sa nécessité le requérait, et fut fort mal vêtu toute cette saison-là
qui fut extrêmement froide et rude. Il s'embarqua sur le Rhône en ce même temps
pour aller en Avignon ; la bise étant extrêmement froide dessus l'eau, il ne voulut
jamais mettre son manteau, quelque presse qu'on lui en fît et l'un de ses aumôniers
qui vit cela m'a dit qu'il ne savait que penser, sinon que ce Bienheureux voulait faire
pâtir son corps. Il pâtit extrêmement en ce voyage, car déjà il était accablé de mal et
à moitié mort. Il coucha néanmoins gaiement sur la dure ». Il était arrivé à Lyon le 9 au
soir ou le 10 au matin. Il dit la messe et se rendit tout de suite au bateau après avoir
eu une courte entrevue avec sainte Chantai à laquelle il est fait allusion dans le récit
que je vous citerai tout à l'heure de la Mère de Changy.
    Son séjour à Avignon fut entièrement occupé par des œuvres de ministère. Le roi
ayant invité le duc de Savoie à le suivre à Lyon, les deux cours partirent le 25 novem-