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— 220 — d'une cité jadis si florissante? Ses constructions, brûlées, ou écroulées, comme le second Forum de Trajan, disparurent peu à peu. La colline devint un terrain tellement inculte que la trace des voies romaines inutili- sées se perdit presque complètement. Au xne siècle, les archevêques investis de la souveraineté sur le Lyon- nais ramènent peu à peu la tranquillité et la richesse dans notre région, la ville se repeuple, la colline se couvre de cultures et spécialement de vignes. Toutes les vieilles pierres qui n'ont pas été utilisées pour la construction des églises, des ponts et des habitations particulières demeurent enfouies de plus en plus profondément dans le sol. L'Antiquaille dut être un petit domaine agricole comme ceux qui précédèrent les nombreux couvents de son voisinage. m Transportons-nous maintenant à la fin du xve siècle. Le site charme un bon Lyonnais de vieille souche de magistrats, noble, Pierre Sala, déjà pro- priétaire de plusieurs maisons et bien-fonds. Il achète la terre décrite ainsi sous son nom dans les nommées de 1493 : « Une vigne acquise des Frères Berjon on y a fait l'Anticaille, estimée cinq hommes de vigne et la maison 20 livres ». Nous voyons, par ce document de nos archives, que la vigne achetée par Pierre Sala appartenait précédemment aux frères Berjon, puis qu'elle était alors de peu d'importance, puisque la surface de cinq hommes ou hommées correspondait à vingt-deux de nos ares. Quant à la maison, sa valeur de vingt livres indiquait plutôt une grange qu'une habitation. En 1513, Pierre Sala agrandit sa demeure qui fait bientôt l'admiration de toute la ville. Il construit une sorte de château à deux tourelles soutenu du côté de la pente par un grand mur, et décore l'entrée, au sommet de la montée Saint-Barthélémy, d'un beau portail surmonté d'un fronton trian- gulaire, où l'on voit encore aujourd'hui ses armoiries et celles des Buatier. Bien plus, il attire sur lui l'attention étonnée de ses compatriotes en conti- nuant à rechercher les restes des monuments qui se trouvent en très grand nombre dans le sol de son jardin, si bien que, déjà en 1493, on appelait