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      Nous arrivons enfin à des temps plus calmes.
      Tout d'abord, le 18 février 1801, notre municipalité adresse au préfet, et à toutes
autorités compétentes, ses doléances sur la vente illégale qui a été faite, par le Départe-
ment, des bâtiments de l'Enfance, de l'ancien presbytère et des Petites-Ecoles. Voici
ce qu'elle exprime au sujet de ces dernières : « Les maisons dites les petites écoles ont
été données gratuitement par divers citoyens de cette commune, pour pourvoir à
l'instruction gratuite des enfants de la commune. C'était une véritable école primaire
infiniment utile pour les habitants les plus pauvres de la commune, lesquelles maisons
ont été vendues au citoyen Dubouchet ».
      Si, pour l'honneur de nos concitoyens, cette protestation témoigne de leurs senti-
ments de gratitude et d'équité, elle n'eut malheureusement pas le pouvoir d'annuler
les faits accomplis, et la spoliation demeura définitive.
      Le 6 juin 1804, les instituteurs Chevassu et Philippe prêtent serment de fidélité à
l'Empire T.
      En vertu d'un avis du recteur de l'Académie à tous ceux qui exercent les fonc-
tions d'instituteurs sans autorisation du grand-maître, le maire de la Croix-Rousse,
Chevallier, mande par devers lui, le 13 décembre 1811, les sieurs Fabien Reybillet, rue
 Calard (sic), n° 26 ; Nicolas Laurent, grande-rue, n° 39 ; Jean Richard, rue de Cuire,
n° 75 ; Joseph Philippe, au port Serin, n° 7 ; Vincent Corsin, à Saint-Clair, n° 1 1 ; les
femmes Françoise Chatelin, femme Mazoyer, à Serin, n° 9; Anne Chosson, femme Gi-
raud, au port Serin, n° 7. Tous tiennent école primaire, chez eux, des enfants en bas
âge que les parents leur envoient, une ou deux fois le jour, moyennant une rétribution
très modique.
      Le maire leur demande ce qu'ils enseignent et le genre de leur instruction. Sur
 quoi ils répondent individuellement qu'ils n'enseignent autre chose qu'à lire, écrire et
 calculer, excluant même les éléments des langues anciennes. En conséquence, le
 maire déclare à l'autorité universitaire que ces sept écoles sont très nécessaires et très
 utiles à la commune, dont la population est d'environ 4.000 âmes et n'a point d'école
 primaire communale. Enfin, ces écoles particulières retirent beaucoup d'enfants des
 rues et des places publiques. Le maire mande encore ne s'être jamais aperçu que les
 susdits instituteurs et institutrices enseignent rien autre que lire, écrire et chiffrer.
      Cette enquête académique, si elle laissa pour l'instant les choses en l'état, n'en
 avait pas moins appelé l'attention, à propos des écoles, sur une situation jugée insuffi-
 sante. Aussi, dès l'année suivante, voyons-nous, en séance municipale du 3 mai, le
 maire observer qu'il est peu honorable, pour une commune de 4.000 âmes, de n'avoir
 point d'école primaire communale de garçons et de filles, et qu'il y a urgence de
 s'occuper de la question, tant pour procurer aux enfants l'instruction nécessaire que
 pour les soustraire au vagabondage.

     1. Ce serment est aussi prêté par Crozief, directeur de l'école secondaire à l'Enfance, et par Chachuat,
professeur de mathématiques chez la veuve Gors.
     Le 13 mai précédent, autorisation avait été donnée au citoyen Balouvière, mathématicien à la Croix-
Rousse, d'y ouvrir un cours gratuit pour la jeunesse, qui comprenait l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie et
la mécanique (Délib. munie).