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n8 SAINT-RAMBKRT-SUR-LOIRE Ebroïn ; accusé de conspiration avec deux de ses amis, il n'échappa au dernier supplice que grâce à l'intervention de saint Ouen, archevêque de Rouen. Le duc de Bourgogne, Theudefred, reçut l'ordre de le garder prisonnier; mais la colère du vindicatif maire du Palais ne l'oublia pas; après une captivité dont nous ignorons la durée, mais qui lui aurait été utile, selon son biographe, pour se purifier des fautes commises pendant la prospérité, Rambert fut massa- cré sur les confins du Bugey, dans la vallée de l'Albarine, non loin d'un ermitage dont la fondation remontait à saint Domitien, moine de Lérins, contemporain d'Eucher, archevêque de Lyon. Dans toute notre région, l'opposition contre le tout puissant et cruel ministre était des plus ardentes; après saint Léger, saint Ennemond, saint Vulbas, la victime d'Ebroïn fut vénérée par la piété publique comme un martyr de la justice et du Christ ; son sépulcre fut le rendez-vous de nombreux pèlerinages ; des prodiges fréquents récompensèrent cette affluence et ces prières, ils les justifièrent longtemps. Voilà à quoi se bornent les rensei- gnements qui nous sont parvenus sur ce personnage, immortalisé par son ennemi plus qu'illustré par ses propres actions. Bientôt du péristyle de l'église, où il avait été enseveli, il passa sur l'autel ; il y occupa la première place et rejeta dans l'ombre le titulaire saint Genès et le reclus du vc siècle. Un événement extraordinaire ajouta un éclat inattendu à sa renommée, en la portant en dehors de la contrée où elle avait jeté ses premières racines. Les reliques du bienheureux furent enlevées et installées dans le plus ancien prieuré du pays de Forez, situé sur la rive gauche de la Loire, à Saint- André-les-Olmes. Ces sortes de pieux larcins ne sont pas inouïs au moyen-âge ; mais celui-ci semble avoir eu un