page suivante »
JOANNY DOMKR 419 comme n'étant qu'une fantasmogorie. Ainsi, l'apothéose d'Homère, d'Ingres, admirablement conçue et dessinée, ne plafonnait pas. C'était un tableau dans une position insolite. Il faudrait donc revenir à cet art de faire comprendre les profondeurs dessinées d'un ciel et l'équilibre des figures vues de bas en haut, suspendues dans les airs sans menacer de leur chute, sans paraître disloquées, dans leurs vraies proportions, dans leur vraie couleur modifiée et estompée par la pleine lumière. M. Domer y est parvenu. Cette composition le met à un rang élevé parmi les artistes con- temporains. » Enfin, nous terminerons cet éloge du maître par ces lignes que lui adressait un des plus grands décorateurs de notre temps, Puvis de Chavanne, qui, après une visite à Bellecour, écrivait à Domer : « Paris, 8 novembre 18S0, « Mon cher Domer, « Tous mes compliments ! Votre plafond est tout simple- ment un chef-d'œuvre. Qu'on vienne me parler des brouil- lards de notre Lyon, quand votre soleil étincelle à la voûte de Bellecour ! « Encore une chaude poignée de main ! « Puvis de Chavanne. » Après Bellecour, c'est le Casino qui va nous montrer encore ce pinceau vigoureux, cette imagination puissante. C'est toujours l'idée nerveuse, habilement conçue, rendue avec une chaleur de coloration qui séduit et captive. Les personnages se meuvent sur un vaste vélum que des palmes divisent en huit panneaux, contenant chacun un sujet dif- férent, mais réunis entre eux par une même pensée. Tout