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402 LA FONDATION DE L'ACADEMIE DE LYON Depuis longtemps déjà , la critique moderne, examinant, avec plus d'attention, les documents, dont on avait essayé de se prévaloir, a démontré que la réunion de Fourvière n'avait pu être, si elle a existé, qu'une réunion fortuite et momentanée de quelques amis, qu'il était impossible de considérer comme une Académie ( i ) . La seule et véritable Académie, qui ait existé dans notre ville est, en effet, l'Académie, fondée en 1700, et dont la Compagnie vient de célébrer le second Centenaire. A ce moment plusieurs autres Académies de province existaient déjà , et presque toutes avaient tenu à s'affilier aux grandes Académies de Paris. L'Académie de Lyon, au contraire, se contenta de se placer, à son origine, sous le patronage littéraire du grand législateur du Parnasse français, pendant le règne de Louis XIV, Boileau-Despréaux. Ce patronage, qui l'honorait à juste titre, et dont on retrouve un souvenir vivant dans le buste en marbre du poète, donné par Brossette à la bibliothèque de Lyon, lui suffit. Et, lorsque trente-deux ans plus tard, le poète Louis Racine, devenu l'un de ses membres, proposera de la faire agréger à l'Académie des Belles-Lettres de Paris, elle déclic nera cet honneur, jugeant alors suffisant l'appui, qu'elle devait à la haute protection de la Maison de Villeroy, qui ne lui fit jamais défaut (2). (1) BREGHOT DU L U T , Nouveaux mélanges biographiques et littéraires, p. 449. — A L L U T , Etude sur Symphorien Chatnpier, p . 62. — C O L L O M B E T , Historiens du Lyonnais, II, 52. (2) Lettres du président Dugas du 10 avril 1732 et de Botlu de Saint- Fonds du IIJ avril 1732. — Le premier volume de cette correspondance