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338 JOANNY DOMER dans la composition, la recherche historique consciencieuse, l'opposition voulue dans les teintes, la chaude coloration de la palette, la magnificence somptueuse dans le décor. Je ne dirai rien, des cartons merveilleux que possédait Domer, études, académies, ébauches qui promettaient des chefs-d'œuvre. Je ne parlerai pas de ses sujets de panoramas engloutis avec les recherches du maître dans l'effondrement qu'entraîna la mauvaise gestion d'agioteurs véreux. Domer avait rêvé de ressusciter à Fourvière, dans un panorama, le supplice héroïque de nos martyrs lyonnais et de faire revivre, sur l'emplacement même du palais des Empereurs, la glorieuse épopée des premiers chrétiens. Pour réaliser cette œuvre, qu'il avait tant à cœur, il avait visité les arènes d'Arles, de Nîmes, le théâtre romain d'Orange, revu le Colysée, repris toutes ses études faites jadis à Rome dont il parlait avec tant de charmes. Que sont devenus ces précieux car- tons ? Hélas ! ils ont été dispersés, comme tant d'autres pages, au crayon, en camaïeu, qui permettaient de suivre l'évolution du maître depuis son début jusqu'à l'apogée de son talent. Ils ont été jetés aux hasards d'une vente, après la mort de Domer, et rien n'en a conservé la trace. Domer revivra quand même à Fourvière : son rêve s'est en partie réalisé, avec sa splendide coupole et sa verrière de la grande basilique dont j'aurai à parler plus loin. (à suivre) Eugène BERLOT.