page suivante »
LES PÈLERINS DE BRETAGNE 285 hommes qui ont ouvert les voies terrestres à la famille humaine actuelle, qu'elle soit venue par le nord ou par le sud de la mer Caspienne, ou, comme le supposent d'autres auteurs, qu'elle soit venue par l'Espagne en quittant l'Afrique ou même l'Atlantide, aujourd'hui submergée, et bien vite nous avons acquis la conviction que les premiers hommes sont arrivés au centre de l'Europe par les sommets des points de partage, et notamment par les horsts ou vorlands gra- nitiques, sur lesquels, sans doute, ils stationnaient quelque temps avant d'avancer plus loin. Les monts granitiques, plus que tous les autres, facilitent les pérégrinations de cîtte nature ; partout, en effet, on y trouve l'eau nécessaire à l'homme et à son bétail. Supposons qu'une tribu de la famille humaine actuelle soit, par un fait quelconque, établie en Bretagne sur la pointe du Finistère ; supposons que cette tribu ait eu l'intention d'aller vers le sud jusqu'à ce qu'elle rencontre la mer ou des montagnes considérées par elle comme inaccessibles. Nous avons la conviction que cette tribu, au lieu de suivre les plaines et le littoral de l'Océan, choisirait de préférence les lignes de faite entre les bassins des grands neuves. Quels étaient les ennemis qu'elle avait à redouter dans son parcours? L'homme d'abord, le magdalénien, dont la génération était en décadence, peu nombreuse, sans doute, moins intelligente et moins bien outillée. L'ours et le loup étaient les ennemis les plus redoutables ( i ) ; nous ne comptons pour ordre, parmi les ophidiens, que la vipère, et, encore, inspire-t-elle plus de répulsion qu'elle ne présente de danger réel. (1) L'Aurochs ne vit pas sur les montagnes.