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2l6 LES PAROISSES DU DIOCESE DE LYON ployant sous le poids des gerbes qu'elle a glanées, on lui doit le service d'alléger sa charge des herbes inutiles con- fondues avec les épis. Nous terminerons en essayant d'éclaircir une question qui nous tient au cœur. M. Vachet se demande quel est au vrai le patron des églises et des paroisses, placées sous le vo- cable de Saint-Genès Genesius; il ne se prononce qu'avec des doutes, mais on voit que ses préférences vont à Genès, évêque de Lyon au VIIe siècle. C'est son droit : les vertus appellent la mitre et la mitre honore l'auréole. Toutefois, dans cette occasion, les peuples ont donné le pas au martyr sur le pontife. La fête patronale, en effet, des localités appe- lées Saint-Genis ou Saint-Genest et de certaines autres rattachées au même protecteur, est fixée au mois d'août, le même jour que tombe la Saint-Barthèlemy. -Quelquefois même il y a eu confusion et substitution entre les deux bienheureux, à Salvizinet par exemple. Le martyrologe inscrit donc à cette date deux Genès; lequel est célébré? Le scribe d'Arles ou le mime de Rome? Pour des raisons trop longues à déduire, il appartient au vaillant greffier, dont saint Césaire a loué les vertus dans une homélie, longtemps attribuée à notre saint Patient, de l'emporter sur son homonyme et compagnon de gloire. Ainsi, en tournant les pages de Y Histoire des paroisses du diocèse, on a l'esprit sans cesse sollicité et excité ; l'intérêt est éveillé par les plus curieux problèmes. Un ouvrage, qui s'empare de cette sorte de l'attention et qui porte tant à réflé- chir, est loin d'être banal : ses mérites littéraires passent au second plan peut-être, mais son influence intellectuelle occupe le premier. On félicite l'écrivain de ce qu'il a fait, on le loue encore davantage des leçons et des secours qu'il a donnés aux nombreux imitateurs entraînés dans la même carrière. Chanoine SIMPLICE.